Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

24 juin 2009

Vins de Super à pas cher (- de 5 €)

Quelle classe ce thème ! Rondement trouvé et voté, il nous fallait apporter quelques flacons issus des rayons préférés de la ménagère de - de 50 ans. Ca, on sait à peu près faire, aller chez Machin ou Bidule avec son petit Caddy le samedi matin quand toute une ribambelle de + de 60 ans en profite pour remplir les allées et leur cabats. Mais trouver un vin à moins de 5 €, qui plus est buvable, ça se complique.
Tel était notre défi.

Une toute petite affluence pour le cercle, non pas que ce thème n'ai pas engendré des parking de supermarchés entiers, mais pour cause de communions, de mariages... disons que l'assemblée était des plus "light".

A l'attaque : des blancs, rouges, de tous horizons... mais à moins de 5 € (ticket de caisse faisant foi).

Seb
Seb dit "Corky", scrutant le ciel normand
qui menace, mais surtout les bons coups à pas cher !

Robe très claire et pale. Nez acidulé, simple. Bouche légère, désaltérante sur les fruits blancs avec une acidité tonique. Pas d'amertume finale. C'est bon et quand vous connaîtrez le prix, ça sera encore meilleur ! C'est un Pissotte blanc 2008, Fiefs Vendéens de Xavier Coirier trouvé chez le Michel Edouard de Challans. Ca coûte une poignée de cacahuette, c'est à dire 3,50 € !

Nez mur, un peu de buis et d'agrumes, fruits blancs légers. Bouche perlante avec plus d'acidité et de matière que le précédent, finale un poil végétale. Longueur correcte. Pas exceptionnel, mais agréable ce VDP d'Oc 2007 "la Baume". Il nous vient du Le....c Evreux et c'est 4,95 € (ouf !)

1  2  3

Le vin suivant est agréable, très mur, sur des notes d'abricots. En bouche, on retrouve des fruits exotiques et une grosse acidité qui nous met rapidement sur la piste d'un Jurançon. Matière un peu fluide, mais l'ensemble est cohérent. C'est bien un Jurançon sec, du Château Jolys, millésime 2006. Pour 4,95 € encore (re-ouf), vous le trouverez chez Miguel Edouardo St Pierre les Elbeuf

4Arômes jeunes (acidulé, banane), registre simple. Bouche fluide, mais acidité agréable et vive, le vin suivant nous a retourné, quand l'étiquette fût dévoillée. Car personne n'avait misé sur un Chardonnay et un Mâcon Villages 2008 mis en bouteille par les Celliers des Terres de France. Très bof. On en trouve à Ch.....n Louviers pour la somme de 4,50 €.5

Nez élégant, fumé, avec quelques pointes végétales. La bouche est ronde, harmonieuse, assez riche et équilibré, ça pète de fruits et c'est TOP ! Si c'est dans les clous (5 €), c'est une affaire résolument. Comme dirait Pierre Bellemare, "3 zzzzzeuros soixante dix" seulement à Lele... Incarville ce Graves de Vayres blanc 2007, Château Cantelaudette.

Assez joué avec les blancs. C'est au tour des rouges.

Du fruits ++++ dans les naseaux, avec un agréable végétal. Bouche gourmande mais un poil marqué par par des arômes herbacés à la fin. On ne va pas faire la fine bouche, quand on connait la fourchette de prix des vins de cette soirée. Philippe nous refait le coup des Fiefs Vendéens (2007) avec ce Mareuil "Vignes des Loups" des Borderies du Lay. 4,50 €.

Le vin suivant est, comment dire ? Jus de planche, essence de chêne et barrique pressée ! Rien d'autre, pas bon du tout ce Corbières 2004 du Château de Sérame. "Incroyable" mais vrai c'est Le....c St Pierre les Elbeuf qui vend ce vin pour menuisier à 4,99 €.

6   7   8

Et enfin le dernier vin, qui n'est guère mieux affiche un horrible fruit pas mur, des arômes fermentaires et une dureté en bouche à faire palir un diamentaire. A 5,20 € (ça vous plombe le budget !), vous aurez mieux à faire que d'acheter ce Bordeaux 2008 Château Platon Bellevue "Chantet Blanet". C'est le tout venant de Le....c

Autant vous aurez l'impression de faire des belles affaires en achetant les 2 Fiefs Vendéens, le Jurançon sec et le très bon Graves de Vayres blanc 2007 du Château Cantelaudette, autant il vous est recommandé d'aller faire un tour chez votre caviste avant une invitation. Celui-ci, pour 1 ou 2 euros de plus, vous trouvera une perle et vous donnera entière satisfaction sans vous faire passer pour un tocard auprès de vos invités. Mais de temps à autre, il n'est pas interdit de boire un peu d'eau ...

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22 juin 2009

Domaine Ostertag : ode aux terroirs

Un week-end chez les amis Brigitte et Luc en Alsace à Barr (Bas-Rhin, 67) et l'occasion était trop belle pour rendre visite à André Ostertag à Epfig !

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Tout jeune quadra s'il en est, le domaine Ostertag situé à Epfig a été créé en 1966 par le papa d'Annie Ostertag-Schaeller et André Ostertag. Aujourd'hui, les vignes s'étendent sur 5 communes du Bas-Rhin : Epfig, Nothalten, Itterswiller, Ribeauvillé et Albé. Le domaine possède la bagatelle de 120 parcelles sur 15 hectares : autant de mozaïques qui représentent le terroir alsacien dans toute sa splendeur. En peu de temps, le domaine Ostertag est devenu une référence incontournable en matière de qualité.

Parmi ces parcelles, il y a :
- Fronholz, terroir de quartz argilo marneux au sommet de la colline d'Epfig orienté sud-ouest, principalement planté de Gewurztraminer et Riesling qui donne des vins tendus. Un terroir à la limite des Vosges.

- Heissenberg (montagne chaude) à Nothalten, planté exclusivement de Riesling exposé en pente plein sud sur des sols de Grès roses des Vosges et de Gneiss (roche métamorphique). Le vin est ici plus rond

- Clos Mathis, propriété du chef de culture du domaine Hubert Mathis, attenant au Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé. Sols granitiques

- Zellberg : uniquement planté de Pinot Gris émanant d'un sol argilo-calcaire et de Grès rose des Vosges sur la commune de Nothalten.

- Muenchberg : fameux Grand Cru où le Riesling prend toute sa dimension sur Grès rose et sédiments volcaniques. Le sol pauvre et drainant entraîne un réchauffement efficace et rapide du sol. Le Pinot Gris y demeure également dans une moindre proportion.

Les 100000 bouteilles produites annuellement sont répertoriées en 3 types de vins.
Les vins de Fruit, où les caractéristiques premières du cépage s'expriment au premier plan. L'élevage est court (6 à 9 mois) et le vin est à boire jeune.

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Les vins de Pierre : c'est le terroir qui s'exprime. Il est clairement identifié sur l'étiquette. Le terroir "prend le dessus" après quelques années de garde. L'élevage est plus long (11 à 18 mois) mais le vin peut-être consommé durant son cycle de vie : "jeunesse, maturité et sagesse" 
Les vins de Temps : vins de maturités tardives (Vendanges Tardives et Sélection de Grains Nobles) dont rien ni le temps ne peut arrêter !

DSC_0646La conduite de la vigne est faite en bio-dynamie par Hubert Mathis, chef de culture du domaine. Le domaine bien que récent, a choisi la voie du bio en 1982, la bio-dynamie sur 3 hectares en 1997 et l'ensemble des 15 hectares l'année suivante. D'après André, "il n'y a pas vraiment d'explications rationnelles sur les phénomènes du cosmos, mais au delà de ces phénomènes, le résultat est là. Alors pourquoi arrêter ?".

Pour s'en rendre compte, nous passons à la dégustation des vins accompagné d'André, qui vient de terminer l'épamprage de quelques pieds d'Auxerrois. 

Au programme, une majorité de 2007 : ce millésime a vu tout un ensemble de bouleversement. D'abord au niveau des saisons. Le printemps fût chaud et sec, ce qui a permis à la vigne de pousser violemment. Puis l'été a été remplacé par l'automne avec des températures qui chutèrent et des pluies légères quasi quotidiennes jusqu'à un mois avant les vendanges. Enfin, l'été indien survint pour donner des baies matures et de belles acidités. 2007 est un millésime combinant qualité et quantité, plutôt rare de nos jours.

Pinot Blanc 2007 : 45 % Pinot Blanc, 45 % Auxerois, 5 % Pinot Gris, 5 % Pinot Noir. Particularité du domaine, tous les "Pinots" sont élevés en barrique. Ce Pinot Blanc a même fermenté en barrique de chêne des Vosges.
Le vin paraît droit et citronné au nez, avec des touches de pâtes d'amande. La bouche possède gras et longueur. Le vin a été bâtonné. J'aime beaucoup.

Pinot Gris 2006 : un millésime tropical, chaud et humide. 1/3 des raisins ont fini par terre lors de la vendange. Les vignes proviennent de 3 villages au sols distincts : argillo-calcaire, schistes et graves. Le nez est finement boisé. Malgré ce millésime difficile, le vin garde en bouche de la fraîcheur et un bel équilibre sur les fruits blancs. Pas mal

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Les étiquettes sont l'oeuvre de la femme d'André, Christine Colin

Pinot Gris 2007 "Zelleberg" : superbe nez, complexe et racé fait de fruits jaunes secs, complété d'arômes légèrement faisandés, le tout encore sur une fine trâme boisée. La bouche est ample, puissante et riche avec un peu de sucre résiduel (12 g). On suce du caillou en final. Magnifique !

"A360"P 2007, Pinot Gris Grand Cru Muenchberg : non, ce n'est pas le dernier modèle d'avion d'Airbus !DSC_0658 Quelques désillusions par le passé (déclassement pour manque de typicité) ont conduit le domaine à continuer d'appeler cette cuvée ainsi, qui correspond au numéro cadastral de cette parcelle de vignes de Pinot Gris. Sols de grès, calcaire et volcanique. On entre clairement dans une autre dimension : concentration, précision insolente des arômes. Ici, tout est fait pour vous exciter les papilles gustatives avec quelques grammes de sucre (8). Longueur magistrale, finale tonique et consistante. Un vin qui n'en est qu'à l'aube de sa vie. Très bien + !

Pinot Noir 2007 Fronholz : 40 % de barriques neuves, mais beaucoup de fruits, sur le zan et la réglisse. Gourmand

Riesling 2007 Vignoble d'E : E pour Epfig, dont les raisins de Riesling proviennent majoritairement de la commune d'Epfig. Bien entendu, l'objectif de cette cuvée est qu'elle soit accessible rapidement, sur le fruit. C'est le cas, il y en a à revendre. Malgré 6 grammes de sucre résiduel, le vin ne tombe pas dans la facilité du breuvage passe partout. La bouche reste vive, acidulée et friande. Bien

Riesling 2007 Fronholz : le sol de quartz qui ne permet pas l'accumulation de chaleur est constament balayé par les vents. Du coup, on retrouve un vin sur la finesse, mais un peu sur la réserve, parfaitement droit et sec. Finale minérale. Bien

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Riesling 2007 Heissenberg : le vin est complet, porté en avant par une grosse matière et supporté par une grande acidité. Résolument solaire, matière mure et expressive, il possède l'équilibre des grands. Très bon

Riesling 2007 Grand Cru Muenchberg : comme toujours, le grand cru se montre un peu moins à son avantage au niveau du nez que Heissenberg. La bouche se distingue par une longueur phénomènale et sa droiture. Superbe finale minérale et saline. Un millésime plein, dont le potentiel insoupçonné semble sans limite.

Muscat 2007 Fronholz : vignes de 40 ans, une rigolade de 2000 bouteilles par an ! Un Muscat original et totalement sec, drrrrrroit, avec une pointe citronnée. La grande classe. Vin magnifique. Coup de Coeur !

Gewurztraminer 2007 Vignoble d'E : on saute avec plaisir dans l'univers sucré, il paraît que c'est une des forces du domaine Ostertag. Malgré 50 grammes de sucre, on évite (de loin) le piège de la lourdeur, grâce à une trame aérienne. On croque du fruit, on mange de la rose et du lichi. C'est bon.

Gewurztraminer 2006 Vendanges Tardives, Fronholz : pointe de sparadrap et d'abricot sec. Les arômesDSC_0669 se concentrent dans le verre avec plaisir.

Riesling 2007 Vendanges Tardives Grand Cru Muenchberg : on gagne encore en concentration. On a vraiment l'impression de croquer dans une corbeille de fruits jaunes. Manifestement le travail d'un équilibriste de haute voltige. Magnifique

Gewurztraminer 2007 Vignoble d'E, Sélection de Grains Nobles : vin massif, tout en largeur, le botrytis a fait son travail grâce à un millésime propice. L'aspect s'en ressent, sur des arômes confits.

Gewurztraminer 2007 Fronholz, Sélection de Grains Nobles : un vin exceptionnel sur l'orange confite et cette extraordinaire sensation que le terroir parle : on mange un caramel au beurre salé et la finale est sur le même registre (salinité). Le vin n'a pas mangé les 300 grammes de SR qui restent et il titre au finale seulement 9 % d'alcool. Pour refaire le monde en fin de soirée !

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Quelle réussite, quelle dégustation, quels vins ! Des breuvages de fous marqués par le terroir avec de magnifiques équilibres. Ceux qui accusent quelques grammes de sucres ne  tombent jamais dans le piège de la lourdeur.
Les prix se situent dans une fourchette d'environ 13 € pour les vins de fruits et 28 € pour les Grands Crus. Les VT et SGN sont autour de 30 €. Peut-être un peu chers, mais ça les vaut largement. Dans l'âme, la gamme me fait penser à ceux de Jossmeyer. Tout comme eux, ils seront de magnifiques compagnons de gastronomie !

Domaine Ostertag
logo

87, rue Finkwiller
67380 Epfig
Tel : +33 3 88 85 51 34
@ : domaine.ostertag@wanadoo.fr

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03 juin 2009

Visite du domaine Arretxea

Irouleguy, vignoble accroché sur les pentes abruptes des contreforts pyrénéens qui épouse la frontière espagnole. Un des plus petit vignoble de France et unique du Pays Basque, Irouleguy doit son existence aux moines de Ronceveaux qui concevaient les vins pour les pélerins en route vers St Jacques de Compostelle. Irouleguy accède au rand d'AOC en 1970 sous l'influence de la cave d'Irouleguy et s'étend maintenant sur près de 220 ha en production et 15 communes des Pyrénées-Atlantiques. Imaginez-vous qu'au 14ème siècle, les vignes en couvraient près de 1400 ! Aujourd'hui, l'appelation produit 70 % de vins rouges, 20 % de rosés et 10 % de blancs.

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Arretxea est un domaine créé en 1989 par Thérèse et Michel Riouspeyrous. Thérèse était éducatrice spécialisée et Michel enseignant dans un lycée agricole. Ce dernier a toujours voulu être paysan. La maison DSC_0616qu'il habitait était tournée vers l'élevage. Depuis sa chambre, il surplombait le chai de son grand-père. Le métier de paysan vigneron prenait alors tout son sens. Le pari de relever un défi autour du vin et de faire un produit jusqu'au bout, poussent Thérèse et Michel Riouspeyrous à partir de zéro et plantent dès lors l'ensemble des 8 ha de vignes. Les cépages traditionnels de l'AOC sont tous représentés. En rouge, il y a le Tannat (cépage emblématique des vins de Madiran), le Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc. Le décrêt d'appellation précise d'ailleurs qu'un domaine doit être planté d'au moins 50 % des Cabernets. Mais pour la vinification, il n'y a plus d'exigences. Pour les blancs, on retrouve les cépages qui élaborent le voisin "Jurançon, à savoir le Petit et Gros Manseng et le Courbu. Les blancs sont leur plus grande fierté et ils sétonnent d'année en année de la qualité que le terroir peut leur transmettre.
Arretxea est reconnu comme un des domaines qui insuffle un courant de qualité sur l'ensemble de l'appellation. 1993 marque le premier millésime produit. Le domaine vise à faire des vins qui reflètent son terroir. C'est ainsi que 5 ans plus tard, la certification Bio tombe et mène irrémédiablement à la conduite du domaine tout entier en Biodynamie, réflexion tout à fait naturelle et logique quand on connaît "les Riouspeyrous". Des précurseurs dans la région...
Au pays basque, les maisons portent un nom. Arretxea, c'est la "maison de pierre". Elle fût construite en 1624.

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Le domaine est représentatif de l'appellation : les pentes sont abruptes (jusqu'à 40 %) et les vignes ont cette surprenante perspective d'avoir été "collées" à la terre pour éviter qu'elles ne tombent. Les sols d'Arretxea sont composés de grés micassés, riches en oxyde de fer mais également de sols limoneux sableux, sols pauvres et filtrants. La présence de cailloux est une constante sur certaines parcelles et oblige un travail supplémentaire de ramassage. Un exemple flagrant sur la magnifique parcelle orientée plein sud louée depuis peu à la commune et nommée "Amalur" (Ama : mer, Lur : terre) planté des 3 cépages rouges.

Le climat est influencé par la proximité de l'océan et des Pyrénées ce qui donne une sensation de douceur et confère de la fraîcheur parmi les rangs de vignes. Mais l'humidité est également présente. Ici, 1500 mm de pluie vous tombent dessus chaque année, alors le mildiou guette !

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Depuis près d'une heure, Thérèse Riouspeyrous m'explique l'histoire de cette AOC et du domaine, sans manquer de souffle. Nous passons désormais aux choses sérieuses car je commence à penserDSC_0622 qu'une abeille à plus de patience face à un pot de confiture que moi face aux bouteilles qui s'annoncent ;-). Un blanc 2005 de la cuvée Hegoxuri goûté au domaine il y a 3 ans m'avait fait tellement forte impression, que j'avais décidé de revenir approfondir les choses.

Nous goûtons les vins qui sont actuellement proposés à la vente en compagnie de Christian Gerbert, ami de la famille venu rendre visite depuis son domaine de Ribonnet

La maison Arretxea produit environ 40000 bouteilles par an et inutile de vous dire qu'elles partent comme des petits pains. 40 % sont vendues au domaine, 50 % aux cavistes et restaurant et 10 % à l'export. Une seule cuvée de blanc, l'Hegoxuri : "Xuri" en basque veut dire "blanc" et "Hego" signifie "du Sud". Les 3 cépages (Gros Manseng, Petit Manseng et Petit Courbu) sont assemblés avant la fermentation et l'élevage qui a lieu en cuve, en foudre et demi-muids. Le bâtonnage est effectué par remise en suspension des lies pour apporter gras et rondeur.
Hegoxuri 2007 : 60 % Gros Manseng, 35 % Petit Manseng et 5 % Petit Courbu. Le vin est clairement sur un registre de fruits exotiques (ananas) et d'agrumes. Il marque par sa tension et son acidité qui porte le vin en avant. Il possède un beau gras et un équilibre prometteur. Longue finale minérale. Laissons le patienter 2 à 3 ans pour profiter pleinement de ce nectare que j'adore déjà !
Hegoxuri 2006 : 55 % Gros Manseng, 35 % Petit Manseng et 10 % Petit Courbu. Plus d'accroche avec son voisin Jurançon (acidité comparable, fruits blancs et exotiques) et plus expressif que son cadet d'un an. Il possède une trame ronde et juteuse haute en saveurs exotiques. Le vin à ce stade est superbe, équilibré et possède indéniablement le goût de "reviens y". Magnifique !
C'est le type de vin qui accompagne à merveille les plats de poissons ou de viandes blanches.

Les rouges se déclinent en deux cuvées. La première est la cuvée dite "Tradition" ou "Rouge" dont les raisins sont vendangés manuellement, triés et non foulés. La macération est limitée à 15 jours pour préserver le DSC_0623croquant du fruit. Les rendements des Cabernets ne dépassent pas 22 hl/ha. L'élevage se fait en cuve béton non revêtue.
Rouge 2007 : 66 % Tannat, 20 % Cabernet Franc et le reste de Cabernet Sauvignon. Un vin croquant de fruits rouges avec une bouche pulpeuse et des tanins mordants. Du plaisir immédiat mais dont le contenu peut se garder quelques années.
La deuxième cuvée s'appelle "Haïtza", qui signifie chêne en basque. Le millésime 2006 est considéré comme classique dans la région. 70 % Tannat et 30 % Cabernet Sauvignon. Mélange ingénieux des cépages dont le Tannat donne la consistance et le squelette du vin et le Cabernet apporte l'équilibre. Le vin est élevé en foudre et en fût (neufs et anciens) et est mis en bouteille après 2 ans. Jamais le bois ne domine, mais il apporte complexité et un complément parfaitement digeste. La robe est très foncée, noire. Les fruits noirs sont ravageurs, exaltants (cerise, cassis) et la bouche parfaitement appuyée par une trame encore un peu tannique possède un fruit croquant et une fraîcheur mentholée en finale immense. A carafer et à boire sur une viande rouge ou du canard.

Thérèse nous emmène visiter les alentours du domaine. Mais avant de partir, rien de tel qu'un morceau d'un fameux gâteau basque maison (qui s'associe d'ailleurs bien avec les rouges)

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Ici, le prieuré d'Irouleguy construit au 12 ème siècle
par les moines de Roncevault

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Là une stelle basque

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Une terrasse de Tannat plantée en double rang. Les maturités sont
différentes suivant que le rang soit supérieur ou inférieur. Ils sont
également vinifiés séparement.

Puis nous rejoignons Michel et son fils Théo qui font le ramassage des cailloux dans la parcelle de l'Amalur

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Nous discutons des mâturités, du travail difficile sur cette appellation, dont le choix de la conduite en biodynamie et les fortes pentes obligent à employer 4 personnes et demi sur les 8 hectares. Il faut 2 jours pour parcourir l'ensemble du domaine avec 2 tracteurs pour pulvériser les préparations bio. Il nous parle aussi du sentiment que sa passion amène à un travail respectueux de la terre. Une obligation et un devoir.

Nous redescendons vers le chai en tracteur pour goûter les 2008 en cours d'élevage. A la conduite, Michel

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2008 fût une année difficile, d'abord à cause de la coulure puis la faute à une météo particulièremlent humide. Mais au terme d'un travail acharné, en limitant les rendements et en triant drastiquement, la qualité est bien encore une fois au rendez-vous.

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Foudre de 1200 l du fabricant autrichien
Franz Stockinger contenant l'Hegoxuri 2008

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La cuvée "Tradition" 2008 sera comme à l'accoutumée vive et pleine de fruit. Le fût d'Amalour destiné à faire  "Haïtza" est une bombe : fruits noirs, on sent déjà la structure serrée et la finale épicée.

Merci infiniment pour cet après midi de bonheur. Je confirme la qualité des vins produits, dont on sent un respect immense pour la terre et la matière première. Thérèse, Michel : restez simples, accessibles, gardez les pieds sur terre comme vous le souhaitez mais surtout, continuez à nous régaler avec vos cuvées.

Domaine Arrextea
Thérèse et Michel Riouspeyrous
Route Jauberriborda
64220 Irouleguy
Tel : +33 5 59 37 33 67
@ : arretxea@free.fr

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26 mai 2009

ROU-SSI-LLON !

Quelques vins pour attirer le soleil. Ca vous tente ? On s'est amusé à déguster quelques vins en provenance du Roussillon, région qui croule sous les UV et qui propose souvent des vins au caractère bien affirmé et chaleureux.

Bon, on ne va pas tourner autour du pot pendant des heures, c'était une soirée disons très moyenne par la qualité des vins proposés et au final dégustés. Mais l'ambiance des amis était irremplaçable et seule la bonne humeur qui fût au rendez-vous subsistera...

Les vins sont dégustés à l'aveugle, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes

Domaine Lafage "Cuvée Authentique", Côtes du Roussillon 2006 : le vin propose majoritairement un fruit rouge très simple (framboise et cerise) et termine un peu court. Mouais

Château Mossé "Temporis", Côtes du Roussillon Villages 2001 : jus épicé de fruit mur, ce vin offre plus de profondeur que le premier. Cependant, malgré une certaine puissance en bouche, la finale semble manquer sa sortie en manquant de maturité. Du coup, l'impression d'un vin peu agréable en dégustation pure. Bof

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Dom Brial, Côtes du Roussillon Villages 2002 : une des meilleures coopérative du Roussillon, la cave des Vignerons de Baixas. Retenez son nom, nous en reparlerons tout à l'heure. Malheureusement dans cette bouteille, du TCA jusqu'à l'os !!

Château les Abelles, Celliers des Templiers, Collioure 2003 : un gros doute en bouche (bouchon) et une finale très courte. Grrrrrrrr, c'est fini oui !!!

Les Vignerons de Cassagnes-Bélesta, L'Excellence du Château Cuchou, Côtes du Roussillon Villages "Caramany" 2003 : un joli vin souple et fruité accompagné de belles saveurs de pain grillé, de vanille et d'encens. Enfin, on en tient un !

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Domaine Calvet-Thunevin "cuvée Constance", VDP des Côtes Catalanes 2004 : le nez est un peu diffus sur l'alcool. La bouche est ample, généreuse et mure. Elle garde de équilibre et fraîcheur malgré une grande puissance (15 %) !

Château les Pins, cave des Vignerons de Baixas, Côtes du Roussillon Villages 2000 : la robe est patinée. Un fruit encore bien évident tenu par une belle amertume. C'est bon et c'est encore bien gourmand malgré presque 10 ans ! Très bon.

Massamier la Mignarde "Domus Maximus", Minervois 2006 : bon d'accord, c'est pas vraiment un Roussillon,DSC_0597 mais c'est pas très loin. On sent là une autre dimension : c'est raffiné, noble, fondu, belles épices douces. La bouche est veloutée, malgré des tanins encore jeunes mais racés. Très bel équilibre. C'EST DE LA BOMBE, mais à 30 €.

DSC_0603Mas Amiel, Maury rouge 2002 : ça fleure bon les cerises et les arômes de café. La bouche est douce, ronde, soyeuse et sucrée sur la cerise encore. Simple mais manquant de caractère et de tranchant. Pour amateurs d'association vin et chocolat.

Bon, pas de bonnes pioches avec ces quelques exemplaires. Le meilleur vin de la soirée est un Languedoc à près de 30 € et aussi surprenant que ça puisse paraître, le suivant est issu d'une coopérative dont le contenu est âgé de près de 10 ans !

On se retrouve pour une prochaine rencontre avec les Maigremont avec dans les verres, des vins de Super/Hyper à moins de 5 € le col ! Ca promet...

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11 mai 2009

Domaine Lacoste-Germane

Voilà un domaine dont on ne parle pas assez ! Et pour cause, les vins sont classés en Vin de Pays (VDP) d'Oc, désignation pour le moins peu attirante. Et pourtant et pourtant, en fouillant bien et en grattant goûtant là où il faut, il existe des domaines qui travaillent bien voire beaucoup mieux que ceux issus d'appellations plus prestigieuses.

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J'ai rencontré les producteurs du domaine et leur vins voilà maintenant 3 ans lors du salon des vins de la Bouille près de Rouen : immédiatement, j'ai été séduit par la gamme, joyeuse et croquante, qui sent bon la terre et le soleil.

3Comme toutes les histoires d'amour, cette histoire commence par une rencontre : celle d'un homme et d'une région. Albrecht Von Braun, arrive en 1984 dans la petite commune Lacoste dans l'Hérault, pour aider ses parents à s'installer. Il les aide à rénover une vielle maison et tombe amoureux fou de cette région au point d'en oublier de repartir chez lui en Bavière. Il s'installe donc à son compte et rénove des maisons implantées dans la région. Un jour, un de ses clients, le président de la cave Coopérative de Montpeyroux François Boudou, lui demande s'il ne connait pas quelqu'un pour venir travailler dans les vignes de la Coopérative. Albrecth réfléchit peu et répond par un grand "OUI" ! Souhaitant en savoir plus sur la façon de conduire un domaine viticole, le président lui conseille de faire une formation. A 40 ans et c'est osé, il suit ce conseil en effectuant une formation au lycée Agropolis de Montpellier... A suivre (*)
Ca, c'est le côté homme/terre.

Comme toutes les histoires d'amour, cette histoire se poursuit par une2 rencontre entre un homme et une femme : Chantal Pommies. Elle a l'accent du sud et travaille dans la musique. Elle rencontre un vigneron lors d'un repas. Il lui tend un verre, elle plonge son nez dedans. Et là, c'est la claque ! La décision est prise et elle doit trouver un vigneron pour lui apprendre car elle souhaite tout savoir du vin. Elle travaille au Mas des Brousses à Puechabon quelques temps puis au Mas Ricard, le domaine Jordy et confirme que c'est bien le métier qu'elle veut faire. Un jour, lors du salon des vins d'Aniane, elle goûte le Rosé Coquin du domaine Lacoste Germane : elle tombe amoureuse du breuvage et... du vigneron ! Nous sommes en 2004. Ca, c'est le côté charnel.

(*) Acte 2. En 1999, Albrecht est à la recherche de vignes à acheter. L'objectif est d'en acquérir d'un certain âge. Il trouve quelques vignes sur et autour de la commune de Lacoste petit village qui domine le lac du Salagou (connu pour le rouge intense de son eau) et la vallée de l'Hérault situé non loin du fameux Mas de Daumas-Gassac. Il y a des Cabernets-Sauvignon et des Cinsaults (de 30 à 40 ans et certaines parcelles de Cinsault ont 60). Les vignes sont éparpillées sur 13 parcelles au sous sols basaltiques, riches en matières organiques et qui donnent beaucoup de fraîcheur aux vins, malgré la bonne restitution de la chaleur durant la nuit. La région de Lacoste subit un climat chaud, mais bénéficie de vents dominants provenant des terrasses du Larzac. Les maturités sont donc excellentes. Ces vignes qui sont posées sur des coteaux, sont plantées en terrasses. Elles sont à l'état d'abandon et n'ont plus reçues de traitement depuis bien longtemps. C'est donc en toute logique qu'Albrecht continue une conduite en bio (non certifié) et étant un des rares apôtre dans le coin, ce qui lui attire parfois des regards méprisants. Il garde la structure et la forme générale des parcelles, mais pendant 2 à 3 ans, il taille sévèrement ce qui lui permet de rénover petit 6à petit les 7,5 ha de vignoble (et continue d'ailleurs) pour lui redonner un aspect plus productif dans le bon sens du terme. Petit extra, le domaine possède également 1,5 ha d'Oliviers et de chênes. Il plante ensuite une vigne de Syrah dont l'idée de Chantal était de vinifier un vin au grain croquant. Il plante aussi une autre de Merlot qui complète la liste des cépages régionaux.
Aux chais, peu d'intervention. Les parcelles sont vinifiées séparément, élevées en cuves puis assemblées en cuves encore pendant un an. Au total, il se passe souvent 3 ans entre les premiers coups de sécateur et la mise en bouteille.

DSC00033

1Le décor est planté, place aux vins... Le premier millésime du domaine date de 2001.
Rosé Coquin 2008 : un rosé à base de Cinsault dont les vignes ont 60 ans. Assez rond, il possède une trame gourmande et intense sur les petits fruits rouges. A boire sans concession sur des grillades sous votre parasol !

Oeillade 2004 : l'Oeillade c'est le Cinsault (60 ans pour ces vignes) en Occitan. La cuvée est complètée par du Merlot à 20 %. Fruit mi cuit et fraise. Bouche minérale et croquante sur une finale réglissée. Petit rendement (30 hl/ha) pour un vin gourmand qui n'est produit qu'à 6000 bouteilles par an.

Les Faïsses 2004 : qui veut dire "petites terrasses". Cabernet Sauvignon et Syrah. Sols basaltiques, sous-sols calcaires et argileux, cette cuvée a toujours été pour moi un coup de coeur ! L'attaque est mordante, le vin est solaire, profond et exprime des notes de fruits noirs et d'olives noirs, des parfums de garrigue et une pointe de café et d'épices. La belle acidité vient supporter le tout avec harmonie. J'adore.

Le Cade 2003 : 80 % Cabernet Suvignon, 10 Merlot et 10 Syrah : un style plus profond et également plus structuré. Les tanins viennent vous titiller la langue avec plaisir et en douceur. Un vin de gastronomie qui possède de la fraîcheur et du charme, malgré un millésime difficile. C'est la seule cuvée du domaine qui passe en fût. Finale marquée par le poivre.

Sauta Roc 2006 : une Syrah pure, crêmeuse arborant d'exquises saveurs de prunes et de myrtilles. Le vin a gagné en intensité et s'est assoupli depuis notre dernière rencontre. A boire sans retenue sur des plats en sauce.

Le domaine a progressé depuis le début c'est certain avec des cuvées et des tanins plus précis. Il semble avoir atteint une certaine maturité, à force de travail. Actuellement, la région souffre d'un certain manque de reconnaissance, alors je vous encourage à goûter les vins du domaine et à vous faire votre propre idée des Vins De Pays d'Oc.
Comme toutes les histoires d'amour, elles se termine par la rencontre entre un domaine et un amateur de vins : cela fait 3 ans que ça dure, j'aime la sincérité qui nous lie, j'aime ses vins !
Je remercie Chantal et Albrecht Von Braun pour le temps et la passion qu'ils ont su transmettre. Avant de les retrouver prochainement j'espère, je leur souhaite de persévérer dans cette voie, de maintenir le cap de la qualité et de continuer à faire le métier qu'ils aiment.

Domaine Lacoste-Germane
4

Rue St Jacques
34800 Lacoste
+ 33 4 67 96 23 70/ + 33 6 84 97 46 38
@ cavonbraun@orange.fr

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28 avril 2009

Un repas dégustation Exceptionnel !

Je me considère comme un petit veinard. "Le jour J, l'heure H et le bon endroit pour le spermatozoïde élu" : c'est ce que je me dit à chaque fois que j'ai de la chance ! Faire partie des amis de Pierre est déjà une reconnaissance. Celui-ci fêtait son anniversaire, un compte rond. Comme c'est un grand amateur de vin, de bonne bouffe et qu'il a le coeur sur la main, nous avons eu le privilège d'être conviés pour une grande journée de dégustation. La liste des vins est impressionnante et bon nombre pris individuellement auraient été LE vin d'un repas. Jugez plutôt, récit...

Table

Nous sommes "convoqués" pour l'heure du midi avec quelques amis amateurs de bonne chair et de bons vins. Le petit déjeuner a été des plus légers, car connaissant le maître des lieux, on risquait de passer quelques heures à table ;-)

Les vins sont servis à l'aveugle accompagnés du repas et dévoilés après chaque série (de 2 ou 3)

Rillettes de saumon et citron confit
Champagne Gosset Celebris Brut 1995
Pomme au four, noisette, belle rondeur et jolie vinosité, bulles fines. Finale pralinée et crayeuse. Un beau Champagne (Chardonnay/Pinot Noir) pour débuter et ouvrir l'apétit.

Gosset   Gosset_1

Edmond1Aumônière de chèvre et compotée de poires à la cannelleEdmond_btlle
Sancerre 1996 Cuvée "Edmond" Alphonse Mellot
Nez truffé et un peu exotique, des notes oxydatives. Finalement peu de choses à dire. Termine très court. Seule déception d'une journée qui allait s'annoncer comme exceptionnelle.

 

Chablis 2006 Vincent Dauvissat et St Aubin 1er Cru "Bas de Vermarain à l'Est" 2007 Sylvain Langoureau
Le Chablis est un vin qu'il a fallu aller chercher. Timidement, des notes précises d'agrumes et de citron vert viennent. La bouche est droite dans un style pur. Le St Aubin, une fois reconnu confirme l'excellente impression que m'avait fait ce vin il y a quelques semaines : il représente un beau Bourgogne blanc dans son écrin (bel élevage, chauffe intéressante et originale). Droit dans ses bottes, le vin est vif et ample dans un style où rien ne dépasse. Avantage au St Aubin, expressif à souhait. Le Chablis est peut-être un peu moins intéressant à ce stade, mais on devrait reparler de lui à coup sur.

Dauvissat_Langoureau   Dauvissat_Langoureau_btlle

Meursault "Les Tillets" 2004 Domaine Roulot et Meursault "Narvaux" 2004 Domaine Balland-Curtet.
Pierre indique qu'il s'agit de 2 vins de la même appellation, élaborés par la même personne mais sur 2 domaines différents.
Le Meursault de Roulot incarne la puissance même avec une minéralité en avant. Contrairement à certains autour de la table, je ne reconnais aucun manque de mâturité, bien au contraire : c'est mur et tendu doté d'un bel élevage. Un très beau vin. Le "Narvaux" de Balland-Curtet est un beau vin sur des notes iodées et anisées, mais il manque d'un peu de caractère et fait à peine le poids face au Roulot que nous venons de boire.

Roulot_Balland_Curtet   Roulot_Balland_Curtet_btlle

Lotte sur purée de petits pois et morilles à la crême.
Meursault "Caillerets" 2004 Jean-François Coche-Dury et Meursault "Narvaux" 2003 Domaine d'Auvenay. Un des tournants de cette journée, au moins pour les blancs. Je porte rapidement au nez le premier vin et dit à Didier qui vient de faire le service "Coche-Dury". Le nez grillé exhale ses notes de cacahuètes inimitables et incomparables. Bouche d'une minéralité superlative aux saveurs miélées. Elle est tendue, droite, longue et s'équilibre à très haut niveau ! Exceptionnel. Le Meursault d'Auvenay impose rapidement sa puissance ! Les parfums de fleurs sont envoûtants, la bouche est pleine à craquer de saveurs qui paraissent décuplées. Comment peut-on mettre autant de chose dans un aussi petit contenant ? La longueur est quasi interminable. Exceptionnel encore tout en restant festif. Le Coche-Dury sur un équilibre magistal, le d'Auvenay dans un style puissant et plein. Certainement les 2 plus grands vins blancs que j'ai bu de ma petite vie de dégustateur. Nous venons tous de prendre une grosse claque. J'ai bien beau chercher ce qui éloignerait ces 2 vins de la perfection : rien ! De plus, l'accord avec le poisson et les morilles était vraiment génial.

JFCD_D_Auvenay1   JFCD_D_Auvenay_btlle

Aumoni_re  Lote_pois_morilles  Veau_tagliatelles 

Filet mignon de veau, tagliatelles fraîches et champignons 
Chambolle-Musigny 2006 Domaine Amiot Servelle et Nuits St Georges 1er Cru "Clos de la Maréchalle" 2006 Jacques-Frédéric Mugnier. Ces 2 vins avaient le difficile objectif de faire la transition vers les rouges. Le Chambolle a un nez épicé typique du pinot noir. La bouche est presque dure et tout ne semble pas encore en place. Le Nuits St Georges de JF Mugnier représente lui la gourmandise du fruit poursuivie en bouche par une  matière mure et ample. Les tanins sont précis et de belle qualité. Très bon.
A la révélation des étiquettes, j'ai cru un moment m'être trompé de vin car je m'attendais à l'inverse : le Chambolle incarnant habituellement une certaine sensualité, rondeur et le Nuits mettant en général plus de temps à s'épanouir et s'arrondir. C'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Mes petits camarades n'avaient pas eu l'air plus surpris que cela.

Amiot_Servelle_Mugnier1   Amiot_Servelle_Mugnier_btlle

Gevrey-Chambertin 1er Cru "Les Cazetiers" 2001 Domaine Armand Rousseau et Côtes du Rhône 2000 Château de Fonsalette. Tout les oppose dans le style. Rousseau se montre avec un visage sauvage (humus, sous bois) et une maturité certaine de l'ensemble. Le tout parait presque anodin. Ca manque cruellement de longueur et de profondeur. Très grosse surprise voire déception une fois le voile levé. Par contre, Fonsalette propose un nez de tabac froid, de cèdre et d'herbes aromatiques. La bouche est juteuse, même vineuse oserais-je dire, sur l'olive noire et le zan. Une très belle bouteille, offrant à cet instant une transition dans un style complexe et épanoui. Parfaitement à point.

Cazetiers_Rousseau_CDR_Fonsalette   Rousseau_Fonsalette_btlle

Entrecôtes à la plancha et pommes de terre du jardin sautées.
Une trilogie : St Emilion 1979 Château Figeac, Pomerol 1979 Château Lafleur-Gazin et Pauillac 1980 Château Mouton Rothschild. Le moment charnière de la série des rouges. Le Figeac 89 propose des notes torréfiées soutenues, typées cabernet, évoluées, graphite, encre d'école. Longueur immense. Un superbe Bordeaux à maturité qui a plu à tout le monde par sa générosité et son élégance. Le Pomerol 89 est tout en retenue, mais non dénué d'intérêts : cerise à l'eau de vie, sous bois, bouche serrée au grain soyeux, l'air dans le verre lui a fait un bien immense. Il a pris du volume pour donner en fin de trio tout ce qu'il avait ! J'ai adoré le fait d'aller le chercher. Quant au Mouton, c'est la grande classe. Pas de doutes, on est à Pauillac : cèdre, boite à tuya, café, arômes de fruits élégants et rafinés. La bouche est subtile, toute en dentelle, séveuse et s'étire longuement avec des tanins fondus et des pointes mentholées. Grand bouteille, encore une fois à maturité.
Waouh : 3 grands Bordeaux, sans aucuns défauts, avec tant de choses à dire. Tous à maturité et dans 3 styles différents.

Figeac  Lafleur_Gazin 

Mouton_80  Trio

Pauillac 1998 Château Pichon-Longueville Baron et Pauillac 1998 Château Mouton Rothschild. Après ce trio infernal, on se demande bien à quelle sauce on allait être mangé pour terminer le bout d'entrecôte qui restait dans l'assiette. Le Baron possède un beau nez profond de menthol, plus jeune certainement aussi. La bouche offre une amertume plus prononcée que la série que nous venons de boire? Je partais sur St Estèphe, mais j'ai rapidement été repris par le maître des lieux, Pierre. Il semble avoir été grandement apprécié par la table. C'est bien fait mais ça ne provoque pas en moi une grande émotion. Je lui reproche un petit manque de folie. Par contre, le vin qui lui est opposé est charmeur, noble et donne un style raffiné de bois de sental et de touches de fumés. Bouche sphérique, riche d'un fruit qui claque, alliant puissance et raffinement encore. Pas tout à fait prêt à boire, ce vin écrase tout de même par sa classe.
C'est encore une fois Mouton ! La table approuve !

Pichon_Baron_98_Mouton_98   Pichon_98_Mouton_98_btlle

Entrecote_Mouton  Fromages  Dessert

Plâteau de fromages
Château-Chalon 1997 Jean Macle, Château-Chalon 1947 Jean Bourdy. Le "CC" de Macle est d'un style habituellement pur et raisonant. Pourtant, la robe est trouble. Mais une fois oublié cette turbidité, ce sont de subtiles notes de pommes, lactées et fumées de savagnin léger. La bouche est tout en finesse et se déploie longuement. J'A-DORE ! Le "CC" de Bourdy est plus musclé et semble à peine plus âgé que le Macle. D'abord parce qu'il arbore la palette habituelle du savagnin, mais aussi par une richesse plus expressive et un jus plus mur et plus sucré. Très belle densité, j'adore aussi.
Incroyable grand écart entre ce 2 vins : 50 ans entre les 2 et pourtant l'un semble être le frère cadet de l'autre.

CC_Macle_Bourdy   CC_Macle_Bourdy_btlle

Mousse de framboise, feuilleté et salades de fruits de saison.
Sauternes 1996 Château d'Yquem et son grand frère plus âgé le Sauternes 1990 Château d'Yquem.
J'ai reconnu Yquem d'une dizaine d'année assez rapidement avec ces saveurs de coco (c'est mon repère) et ses fines notes de sparadrap. Liqueur vive et dense sur les agrumes comme l'orange confite et la mandarine, on a affaire là à un Sauternes qui n'a plus sa jeunesse, mais dont l'ensemble paraît s'asseoir et se concentrer. Un bel Yquem, conforme au même 96 goûté il y a peu. Le 2 ème arbore une magnifique robe plus foncée, ambrée. Il y a indéniablement un lien de parenté. On est davantage sur des arômes et notes de pêches jaunes. La bouche est plus patinée, la puissance est sous jacente, telle un bolide qui roule en ville. Mais je me pose tout de même la question de savoir si le vin ne souffre pas d'un petit manque d'acidité. C'est un beau vin, mais je ne l'imaginais pas du tout comme cela.
Là, c'est l'estocade, le coup de grâce, le petit Jésus en culotte de velours !

Yquem_96_90   Yquem

Voilà mes amis, comment s'est déroulé un dimanche pas tout à fait comme les autres. Nous pouvons saluer Séverine et Pierre pour leur cuisine digne des grandes tables et Pierre pour son IMMENSE générosité !

Merci l'ami !

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21 avril 2009

Bû du côté des Vignes (the CR)

, Eure et Loir département 2-8. Son épicerie, son aéroport international, son église, son quartier d'affaires,1 la place de la mairie, son périph, son monument aux morts, sa mare et... son caviste, Laurent Baraou

Quand un salon de vignerons s'organise en plein milieu des champs (eh oui, ici, c'est le NOOOOOOOOO-RD... de la Beauce), c'est forcément l'attraction du village.

Côté chiffres : 8 vignerons triés sur le volet, 1 absent de marque en la personne de Stéphane Tissot (mais annoncé en juin prochain), 32 cuvées à voir et à boire et 3 GO (Sylvia, Loïck et Lolo 1er, roi des Buxois).

Premières poignées de mains aux amis déjà présents (Facebookers, blogueurs picoleurs) ainsi qu'aux vignerons présents dont pour la plupart je connais les cuvées de nom, mais pas dans le verre. Nous sommes partis pour une bonne partie de la journée à déguster, muni de mon fidèle petit carnet de notes, de mon appareil photo pour complèter l'album "Trombines de Vignerons" et des quelques précieux conseils de Laurent pour l'ordre de dégustation...

On commence par le sud-ouest et un passage chez Bertrand Lepoittevin-Dubost et le Château du Bloy : volée de bois vert au passage pour ma pomme par Bertrand. En effet, j'avais eu l'occasion de déguster ses 2 cuvées de Montravel. 2 flacons qui avaient été apportés par Laurent lors d'une dégustation à l'aveugle. Je les avaient trouvés plutôt mous, mais pour ma petite défense, ces flacons étaient ouverts depuis 3 jours. Bertrand qui avait lu ces commentaires, n'étant pas tout à fait d'accord voulait me faire changer d'avis. On remet les compteurs à zéro. Montravel 2007 (Sauvignon, Sémillon, Muscadelle) : joli nez vif typé sauvignon. Belle droiture, sur les fleurs blanches, matière élancée en bouche. Acidité intéressante. Quand on 2sait que c'est 5,5 €, là je dis OUI sans hésitation !
La cuvée "Lilia 2006" Montravel également (Sauvignon et Muscadelle), a été élevée sur lie. Le nez est plus discret que sa petite soeur, l'acidité semble plus intégrée. L'ensemble est plus rond, plus gras aussi avec d'étonnantes notes boisées alors que le vin ne voit pas un centimètre carré de fût ou de foudre.
Malheureusement, pas eu le temps de gouter aux rouges dont la gamme est composée d'un Bergerac et d'un Montravel.
Me voici réconcilié avec les blancs du Château du Bloy ! Bertrand est quelqu'un de sincère et parle ouvertement sur les appellations de sa région comme des appellations de me... Mais il semble qu'il oeuvre de façon positive à des jours meilleurs pour celle-ci ! Reste plus qu'à taster le Bergerac rouge et le Montravel rouge... Le temps, toujours le temps...

2 mètres plus à droite, se tient le stand de Sébastien Riffault. Le sancerrois propose les vins du millésime3 2007. 2 cuvées sur sols calcaires. Attention, c'est du Lituanien (la femme de Sébastien) : "Akméniné" (fait de pierres) et "Auksinis" (doré) élevés 12 mois en fûts âgés de 8 à 15 ans ne m'ont guère convaincu. Bien loin de mes repères en Sancerre blanc, les vins semblent s'éparpiller dans les arômes... J'aime les vins natures, mais là ça ne me plaît pas trop.
Par contre, la cuvée "Skeveldra" (éclat de pierre) issue de sol argilo-calcaire, possède une belle richesse de fruit. Finale ronde et harmonieuse. Bien.
Pas eu le temps de goûter au Sancerre rouge "Raudonas".

11 Château Cornélie est tenu par Patrick Grisard dans le Haut-Médoc depuis qu'il a définitivement rendu son tablier de directeur du Château Sénéjac. J'attendais beaucoup de cette rencontre avec Patrick. Des échanges par ci par là et le suivi de ses interventions dans les différents forums. L'homme semble profondément honnête dans son travail. Le respect des sols et de la terre sont son terrain de jeu.
C'est pas compliqué, Patrick est venu avec tout ce qu'il a fait de ses mains depuis qu'il a créé le domaine en 2005. D'ailleurs, ce dernier est planté pour moitié de Merlot et pour l'autre de Cabernet Sauvignon. Il entreprend pour le millésime 2009 la reconversion du domaine en biodynamie... Bon courage pour cette aventure, totalement en phase avec l'énergie que tu insuffles.

Copie_de_9

On commence doucment avec les vins des amis "Amabilis Vinea" 2006 : un vin très aimable avec du fruit à revendre et des tanins de belle qualité (Bien). Les vignes du Château Cornélie reposent sur 60 % de sols Argilo-calcaire et 40 % sablonneux. Le 2005 est gourmand, équilibré et agréable à faire tourner dans la bouche. On passe au 2006 que Patrick pense fermé : et pourtant, on sent indéniablement un saut qualitatif entre les 2 millésimes. La structure est plus élancée, le grain de tanins plus fin, la bouche est sphérique et harmonieuse. J'aime beaucoup. S'il y en a bien un qui n'a pas râté son 2007, c'est bien lui !! Coup de Coeur du salon Messieurs, Dames. On sent ici une continuité, une certaine signature. Superbe équilibre, remarquable acidité, fruité intact et en avant. Encore un pas de franchi avec ce 2007. Et enfin, le 2008 encore en cours d'élevage, il est d'ailleurs qualifié de fainéant puisqu'il n'a pas encore fait ses "malo" : c'est bon et il promet.
On a envie de passer du temps avec Patrick : il est d'une gentillesse rare, d'un grand courage et d'un caractère culotté. En effet, ce girondin vient de décider qu'il ne vendrait pas ses vins à la place de Bordeaux et qu'il les proposera aux particuliers, cavistes et restaurants en direct.

A la droite du stand tenu par Patrick Grisard, nous faisons quelques dizaines de kilomètres sur la carte pour nous retrouver au royaume du Merlot. Il fait bon passer un peu de temps avec Pierre Bernault et le vin star de l'appellation Montagne St Emilion, le Château Beauséjour. Toujours conseillé par Stéphane Derenoncourt, la propriété poursuit son bonhomme de chemin : l'aventure débutée avec le millésime 2005 semble se 10poursuivre avec une plus grande maîtrise encore. "B" de Bû 2007 (Montagne St Emilion) : une cuvée en hommage à la petite affaire de Lolo, roi de Bû. Prochainement appelé "Charmes de Beauséjour", ce vin paraît facile à boire, rien ne dépasse. C'est concentré et équilibré, avec des arômes épicés et une finale sur le zan. J'aime beaucoup.
Château Beauséjour 2006 : on passe à l'étage supérieur. Fruits noirs, le vin s'exprime en profondeur grâce à un passage en carafe. Finale assez sèche cependant : c'est l'effet terroir (crayeuse) d'après Pierre. Faudrait être difficile tout de même pour faire la fine bouche... Château Beauséjour cuvée "1901" : assez discret au nez (il faisait froid chez Laurent), tout s'exprime en bouche : matière mure et séveuse, équilibré et longiligne, tanins enrobés. Superbe. Il prendra sa mesure et sa plénitude dans quelques années. Bienheureux celui qui en possède.

Quelques Vins Argentins présentés par Else Bliekast. D'abord un blanc aux saveurs puissantes et à la1 salinité marquée. Matière mure et belle longueur. C'est bon, c'est un vin de Domingo Hermanos Molina 2008 de la province de Salta issu d'un cépage autochtone appelé "Torrontés". Ensuite 2 rouges. Le premier provient d'Alfredo Roca. C'est un 100 % Cabernet Sauvignon 2004 : c'est rond, mais je dois avouer être peu habitué à ce type de puissance, c'est trop pour moi. Qu'à cela ne tienne, c'est un 100 % Malbec qui arrive dans nos verres. Avec ce Malbec 2005 San Rafaël, on trouve là une belle rondeur dont le fruit est porté par des épices douces. Chaleureux, mais équilibré comme il faut. Bien.

Ca faisait bien longtemps qu'il me taraudait l'esprit de goûter une bonne partie de la gamme de Marlène Soria du domaine Peyre-Rose. Marlène reste pour beaucoup d'entre nous discrête, qui ne s'exprime que par la baguette magique de la vinification. Peu de chose sur elle dans la presse ou dans la 6bloglousphère. C'est certainement une façon de se préserver et de garder un certain mythe pour l'ensemble de sa production. Tout content, nous tendons nos verres : tiens, un Rosé Rouge 2002, Coteaux du Languedoc (tous les vins présentés sont de cette appellation). La robe ressemble à un à un pinot noir d'Alsace. Grenache et Syrah, dont la grenache semble prendre le dessus (cerise, pruneau) avec un petit côté Rivesaltes. L'ensemble se montre complexe et gourmand. Longueur plus que correcte.
Les "vrais" rouges : à noter que les robes sont toutes très concentrées et sombres. Clos des Cistes 2003 : assemblage de Grenache et Syrah élevés ensemble pendant 3 ans dont une partie en foudre, l'autre en cuve. Herbes aromatiques, réglisse et beaucoup de fraîcheur. Les tanins sont un peu secs mais "Wait !" nous dit Marlène. Il est vrai que le vin a été mis en bouteille il y a seulement 7 mois.
Syrah Léone 2003 (90 Syrah/10 Mourvèdre) : waouh, ça envoit dur ! Concentré, puissant, épicé. Quand les arômes persistent en bouche longtemps, c'est en général bon signe : c'est le cas. Taillé pour la garde. Très bien.
Marlène N°3 2003. Rien à voir avec un 3ème vin de domaine. Ce sont les mêmes vignes que celles utilisées pour le Rosé Rouge (Grenache et Syrah pour autant complétés de 15 % de Carignan et Tempranillo en complantation). Plus de finesse au départ que le "Léone", le vin gagne en puissance et amplitude. Les arômes de fruits sont francs et nets : rien ne dépasse. Superbe équilibre. Bien
Chez Marlène, on commence toujours par les rouges et on termine par les blancs. On ne déroge pas à cette règle et avec cet "Oro" 1997. Vin riche et complexe à souhait (la liste des cépages est impressionnante : Rol, Roussanne, Viognier, Ugni blanc,  Chasselas et Terret) où l'impression de rondeur et de boisé sous jacent domine. Il y a quand même une impression d'oxydation au départ. "C'est l'élevage à l'air libre" indique Marlène. Le vin possède beaucoup d'allonge et de gras, mais garde un bel équilibre malgré toujours cette puissance.
Superbe dégustation des crus du domaine Peyre-Rose. Les vins sont puissants et méritent de prendre du repos en cave. Préférence ce jour là pour "Syrah Léone".

Le Gers monte chez Laurent Baraou ! Floréal Roméro nous présente le Domaine Le Bouscas. Floréal, au contraire des quelques collègues du Gers, souhaite préserver et revendiquer les cépages locaux. Il paraît4 d'une grande franchise quand il nous parle de ces erreurs du passé qui lui ont permis de progresser. Le domaine est en biodynamie depuis maintenant 8 ans. Ca se vérifie sur la première cuvée de rouge, "Sang Chaud" (2005), un VDT 100 % Tannat dont les vignes ont 57 ans. Passage en cuve. C'est plutôt l'écurie au départ ! La bouche est presque légère, les tanins sont veloutés, c'est aromatiquement bien fait. Pour les 8,5 € que ça coute, c'est excellent ! Un Tannat déjà accessible dans sa jeunesse.
"Vaïhana" VDT du Gers (2005) est un blanc sec floral, exaltant, à la structure vive mais caressante. Longueur plus qu'honorable. A boire sur les fruits de mer ou pour faire "plop" à l'apéro. Bien
Et enfin, un "OVNI" : "La Dulcinée". Ce 100 % Colombard aux rendements ridicules (autour de 7 hl/ha il me semble) arbore une allure de vieux Santernes. Superbe liqueur à connotation exotique, de sparadrap et de pain d'épice. L'acidité est magnifique. Ca a de la gueule ! Bra-vo.

Château la Casenove. C'est la toute gentille Frédérique Barriol-Montès qui officie au service (Roussillon). Les Clares 2004 (VDP des côtes Catalanes). Un blanc (Grenache blanc et Roussanne) élevé pendant un an en barrique du chêne balte provenant de Lituanie. Le résultat est assez déroutant avec des notes de fumé 7prononcées. Le fond de verre est incroyablement comparable à un Whisky tourbé. A revoir dans quelques temps car à ce stade, le boisé me gène un peu. La Guarrigue 2005 (VDP des côtes Catalanes). Elle porte bien son nom cette cuvée : épices, notes de thym, puissant et encore un peu tannique. Un joli vin de fruit.
Rivesaltes 15/10 Ambré, VDN 1998 : 15/10, c'est pour le mois de mise en bouteille. 100 % Grenache élevé pendant 3 ans en cuve béton ouverte puis de nouveau 3 ans en fûts ayant contenu du Cognac. Le résultat est assez étonnant : complexité serait le premier mot. Les notes de fumé qui sont la marque du terroir exalent les papilles. Très beau rancio et belle amertume. JA-DORE !
Et enfin, la Der des Der. "S'Arena", VDT blanc liquoreux (2005). Un Moût de Raisin Partiellement Fermenté à base de Muscat Petit Grains. Liqueur sur l'abricot sec avec un étonnant gazouilli qui donne de la légèreté en bouche, en plus du peu d'alcool (11 %). Bon

Au nom de tous les petits privilégiés que nous sommes, merci à toute l'équipe de Lolo Baraou, une fois de plus sur le pont pour offrir un plâteau de choix. Merci également à tous les vignerons d'avoir fait le déplacement pour notre plus grand plaisir et de s'être comme d'habitude rendus disponibles.

Des confirmations avec Beauséjour et Peyre-Rose. De belles surprises/découvertes avec le Château du Bloy, considéré à sa juste valeur cette fois ;-), le Bouscas de Floréal Roméro et le Château Cornélie de Patrick Grisard.

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06 avril 2009

Blancs du Rhône

Notre rencontre se passe chez Catherine et Manu, que nous retrouvons avec plaisir après quelques temps passés à Aurillac. D'ailleurs, le départ définitif pour le Cantal est prévu en fin d'année scolaire : tout notre petite communauté se sent bien triste.

Le thème de ce soir : des blancs, exclusivement en provenance du Rhône, que la cuisine de Catherine a magnifié en fin de rencontre... Comme c'est la coutume, les vins sont proposés à l'aveugle et dévoilés après le petit jeu des devinettes (millésime, appellation...).

Tiens, juste un petit tuyau pour ceux qui organisent des dégustations autour du vin : si votre thème le permet, vous pouvez toujours appeler par téléphone le syndicat des vins d'une AOC ou d'une région. Par exemple, un petit coup de fil au syndicat des vins de la Vallée du Rhône nous a permis de recevoir quelques jours plus tard de la documentation en nombre, des affiches, des livrets accords mets/vins, des cartes... Tout cela gratuitement, bien entendu. Ca fait en général son petit effet et tout le monde repart content ;-).

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David et Catherine...

Château Saint Estève d'Uchaux, Côtes du Rhône "Vionysos" 2005 (100 % Viognier)
Belle robe dorée, bien brillante. Au nez, fruits blancs comme la pêche et abricot dominant, léger grillé, c'est agréable. La bouche offre pas mal de gras, sur l'abricot encore, complétée de notes de poivre blanc, de poire. L'ensemble n'est pas très complexe, mais c'est ample et généreux. Un joli vin pour commencer.

Guigal, Côtes du Rhône 2007 (Viognier, Roussanne, Clairette, Marsanne et Bourboulenc)
La robe est beaucoup plus claire, plus pale aussi. Le nez présente cette fois-ci un registre floral avec jasmin, des notes salines et une minéralité marquée. En bouche, le vin semble se retenir, être plus dilué. Le vin paraît plus ferme à cause d'une acidité plus pronnoncée mais il en résulte cependant un vin correct. Finale sur l'abricot.

9  5  4

Jean-Luc Colombo, Côtes du Rhône "la Redonne" 2006 (Viognier, Roussanne)
Un autre Côtes du Rhône et une 3ème expression différente. La robe est jaune soutenue, très dorée. Le nez est une vraie corbeille de fruits dans une expression élégante : confiture d'abricot, lichi mais aussi loukoum. Grande fraicheur pour la bouche, pleine d'allant et de dynamisme. Finale intense sur le poivre blanc. Très bon.

Jean-Pierre Boisson, Châteauneuf du Pape "la Mirande" 2000
Un vin à la minéralité prononcée au nez : ça "Riesling" incroyablement avec ces notes terpeniques et de pierre à fusil. En bouche le vin semble plus évolué que les autres. Il prend de la structure et de la rigidité à mesure de la gorgée. C'est long, bon et c'est équilibré.

Paul Jaboulet Ainé, Crozes-Hermitage 2004
Un peu plus internationnal que les autres, le nez est encore marqué par l'élevage et toutes sortes de déclinaisons typiques : cacahuette, beurré voir grillé et finalement le fruit est en retrait. La bouche est grasse, étoffée par l'élevage vraiment trop présent. Cepandant, jolie acidité. A revoir dans quelques années...

2  3  8

Domaine le Serre de Condorcet, VDP des Coteaux des Baronnies 2004 (Roussanne) : le vin est servi trop chaud : l'alcool et l'amertume sont malheureusement en avant... Pas de jugement sur ce vin.

7

Domaine Georges Vernay "les Terrasses de l'Empire", Condrieu 2006 (100 % Viognier). Vin alliant grande maturité du fruit (pêche puis abricot) avec des notes d'ananas et de  bergamote. Le vin est parfaitement équilibré et montre un très beau visage tantôt sur un registre floral, tantôt un beau volume en bouche soutenu par une remarquable acidité. Et6 en plus, quelle belle longueur ! Un très beau vin.         

Pour terminer, un autre Condrieu 2006, du domaine du Chêne "le Pêcher" (M & D Rouvière) : expression typique du viognier (abricot), mais plus épicé (ce fameux poivre blanc encore) et de senteur vanillée. Bouche plus sucrée, amertume plus prononcée. Tombe plus vite.

Une très belle dégustation d'ensemble : pas de mauvais vins, de belles expressions minérales en général avec des bouches rondes, typées des cépages et qui ont tous bien accompagnés le repas. Justement, avec ça qu'est-ce qu'on mange ?

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Un flan de légumes aux langoustines et coulis de crevettes,

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une papillotte de truite d'Acquigny aux légumes printaniers

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et un plâteau de fromages d'Auvergne : Cantal, Salers,
St Nectaire, Pavé d'Aurillac et un intrus : un Mont-d'Or (le dernier de l'année)

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02 avril 2009

Sous le soleil du Languedoc

Voilà un joli thème autour de vins qui fleurent bon le soleil. La règle était simple : apporter un ou plusieurs flacons, blancs, rouges ou sucrés appartenant à la région Languedoc. J'avais le privilège de capitaliser et d'organiser les apports de chacun, pour cette énième rencontre LPV du comité Haute-Normandie.

C'est l'ami Olivier qui nous accueille dans sa grande maison.
Les flacons sont présentés par paire à l'aveugle et dévoilés au fur et à mesure.

1 - Costières de Nîmes Mourgue du Grés « Galets Dorés » 2007
2 - VDP du Gard Mourgue du Grés « Terre d'Argence » 2006
Le premier vin est arômatiquement simple sur le citron vert. La bouche est vive, sur une finale saline. Le deuxième possède indéniablement plus d'ampleur avec des notes d'abricots et fumées. La finale est un peu plus courte, un peu plus portée par l'amertume.
Avantage plaisir pour les "Galets Dorés", pour sa fraîcheur et sa vivacité

3 - VDP de l'Hérault Daumas Gassac blanc 2005
4 - VDP Côtes de Thongue Domaine de l'Arjolle "Equinoxe" 2005
Le Daumas offre un nez élégant de fruits blancs, profond, on monte en gamme. La bouche débute doucement, et gagne en puissance à mesure de la gorgée.
L'Equinoxe est porté par un boisé et un fumé envahissant et racoleur, confirmé en bouche.
Avantage à Daumas Gassac, plus afirmé et plus nature.

5 - VDP du Gard Roc d'Anglade 2004
6 - VDP Côtes Catalane Jean-Philippe Padié « Milouise » 2006
La robe du Roc d'Anglade est légèrement trouble. Au nez, pas de doute, c'est nature avec au départ quelques senteurs de pommes (levures). Puis viennent enfin à l'aération de beaux arômes profonds et enivrants de fruits blancs, de fleurs avec des pointes de fenouille et d'anis. La bouche est d'un grand équilibre et s'exprime par une grande pureté. Superbe finale vibrante.
Le Milouise se présente sur des notes fumées et une pointe oxydative. Les arômes de fruits viennent en profondeur. La bouche est ample, généreuse mais un peu lourde à cause d'un boisé pas tout à fait intégré.
Le Milouise n'en reste pas moins un beau vin, mais étouffé ce jour ci par un Roc d'Anglade qui atteint là des sommets.

Pour ma part, c'est Roc d'Anglade qui domine cette première série de blanc par sa classe suivi par Daumas Gassac.

Fromages

Côté miam, les vins sont accompagnés de divers terrines maison et de fromages de l'excellente maison Priet de Vernon

Quelques rouges maintenant : il sont au nombre de 13. J'ai volontairement choisi de les présenter par paire pour faire soit un match, soit une évolution d'un vin sur 2 millésimes différents ou encore une étude de domaine avec plusieurs cuvées du même millésime.

Pour commencer, un trio ! En fait, Franck qui avait apporté le premier rouge avait décidé au dernier moment de placer un autre vin dont personne à part lui ne connaissait la provenance : nous l'appellerons donc "7bis"
7 - Côtes du Roussillon village Clos de l'Oum 2006 « la Compagnie des Papillons »
8 - Coteaux du Languedoc Montpeyroux domaine des Grecaux 2003 « Terra Solis »
7 bis - Côtes du Roussillon village Clos de l'Oum 2005 « la Compagnie des Papillons »
Autant le dire de suite, Clos de l'Oum 06 paraît très jeune et semble fermé. Pas évident de tirer des notes de rose, de violette, de café et de boite de tuyas. La bouche est gourmande, malgré une certaine fermeté à cause de tanins serrés. Mais on devine là un certain potentiel. Bien
Le Coteaux du Languedoc du domaine des Grecaux est ce que l'on appelle un rescapé : en effet, Jean-François ayant oublié un de ses vins, nous faisons appel à notre hôte Olivier pour lui extirper un flacon de sa cave ! La robe est clairement évoluée, mais au nez, du fruit, du fruit, du fruit et du vrai (papaye, grenadine, myrtille). La bouche est simple et tombe assez vite, mais peu importe, on prend le vin comme il vient, avec plaisir.
Le vin qui sort du chapeau se présente carafé : pas de doute, il y a un certain lien de parenté avec le n°7 : la structure est plus fine, plus élancée et la matière plus arrondie. C'est bien un "Clos de l'Oum" grand frère d'un an du Clos de l'Oum 2006. Très agréable, il remporte d'ailleurs ce Trio

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9 - VDP de l'Hérault Mas Laval "les Pampres" 2007
10 - Costières de Nîmes Mourgue du Grés « Terre d'Argence » 2005
Mas Laval "les Pampres". Que dire de ce vin ? Incroyable de faire aussi simple et aussi bon ! Ca explose de fruits rouges de partout. Il possède un petit côté enjoleur, mais c'est tellement gourmand, croquant ! Le vin comme ça, c'est pas compliqué, on est obligé d'aimer.
Le "Terre d'Argence" 2007 débute par quelques épices. Le vin semble manquer de structure car l'alcool domine, les tanins sont incroyablement secs. J'ose espérer que le vin est dans une phase ingrate. Je ne peux pas croire qu'on puisse râter un 2005.
Avantage pour qui vous savez

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11 - VDP d'Oc dom Lacoste-Germane « le Cade » 2003
12 - VDP de l'Hérault Daumas Gassac rouge 2001
Grosse déception, car le Lacoste-Germane est bouchonné. J'avais fait un pari en l'opposant à Daumas-Gassac, car je trouvais les styles proches, l'encépagement majoritaire étant le Cabernet Sauvignon.
Le Daumas me rappelle un certain Chasse-Spleen 2000 avec ses notes de café marquées, mais heureusement plus encore. Il paraît assez proche d'un beau vin de Bordeaux. Il est avenant, l'acidité est agréable, la bouche est ronde, mure avec un fond minéral. C'est bon, mais ça reste classique, ça manque un peu de folie. Autant le dire, ce vin a beaucoup fait parler. La moitié des dégustateurs pensent que c'est un bon vin, l'autre  le trouve anodin, trop dans les standards bordelais. Une fois de plus, Gassac provoque la discussion !

13 - Faugères domaine St Antonin “cuvée Magnoux” 2005 Frédéric Albaret
14 - Faugères domaine St Antonin “cuvée Magnoux” 1998 Frédéric Albaret
Le 2005 paraît fermé au nez et assez austère en bouche : les tanins sont très très serrés. Malgré tout, le vin possède une belle longueur et semble se destiner à quelques années de garde pour s'exprimer dans les meilleures conditions car tout est là. Pour beaucoup, la question est de savoir si ce vin vieillira. Pour moi, c'est OUI.
Le 1998 représente le graal de tout dégustateur patient : quelques années de cave lui ont permis d'arriver lentement à mâturité avec beaucoup de classe. Mûre, fruits noirs, avec des pointes d'encre d'école au nez, la bouche est ronde à l'attaque, avec une légère sucrosité. Le tout est hyper équilibré et confirme sa bonne tenue malgré un peu plus de 10 ans au compteur.
Le match pour le millésime 1998, bien entendu, mais on en reparlera du 2005... dans 10 ans.

15 - Faugères Léon Barral 2005
16 - Faugères Léon Barral « Jadis » 2005
Voici une paire intéressante. D'une part elle permet de continuer l'exploration du terroir de Faugères, d'autres part, ce sont les 3 cuvées rouges du domaine Léon Barral que nous allons aligner à la suite et dans un grand millésime (merci JF)
La cuvée dite "Tradition" s'engage d'emblée via un côté "nature" (cidre). Pour sa défense, le vin n'a pas été carafé. C'est épicé, c'est rond, c'est gourmand, c'est bon !
Avec "Jadis", on franchit un pas : le vin est plus classieux, plus élégant, plus complexe aussi. Jolie bouche, bien structurée, chaleureuse, mais de haute tenue. Gros potentiel.
Coup de Coeur pour Jadis.

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17 - Faugères Léon Barral « Valinières » 2005
18 - Cx du Languedoc VV Pic St Loup les « Métaieries du clos » Clos Maries 2002
Attention, voici "THE Match". Celui pour lequel on hésite pas une seconde à faire des kilomètres.
"Valinières" de Barral à tout d'un grand vin : énorme volume en bouche, tanins d'une extrême qualité et finesse, du fruit à revendre. Il déborde de partout, est généreux comme pas deux. Si jeune et d'une grande buvabilité. Il fait soif !
Face à ce monstre, le Clos Marie est légèrement en retrait, mais n'en reste pas moins un très beau vin. Réglisse, zan, pointes d'orange, la bouche s'étire longuement et onctueusement.
Mais "Jadis" est un vin qui marque, on ne peut que l'apprécier.

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Une petite douceur pour terminer.
19 - VDT Languedoc Domaine de Ravanès 1998 l'Ille
Joli nez d'orange confite avec quelques notes de sparadrap. Je lui trouve une certaine ressemblance avec les vins de Tirecul la Gravière. Bouche sur le raisin de corinthe, avec une amertume en avant mais intéressante. Petite déficience de longueur, mais un vin agréable et bien fait.

Voilà pour cette superbe journée, passée comme d'habitude au milieu de passionnés et de gens vrais qui aiment le partage...

Il y eu quelques "Off", hors thème : les commentaires à suivre prochainement...

Il est bien possible que notre prochaine rencontre soit tournée vers le Chenin de Loire.

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24 mars 2009

Gaillac

Pour beaucoup d'amis circulaires, il s'agissait d'une première revue complète de ce vignoble du sud-ouest, souvent apparenté à des vins qui "arrachent" voir sans grands intérêts. Preuve s'il en est, 50 % des vins se retrouvent dans le milieu de la grande distribution. Pas d'accord du tout : cette région appelle la recherche où il faut aller fouiner, dénicher les petites perles et les producteurs qui souvent ont eu la bonne, voir même la très bonne idée de réhabiliter des cépages oubliés...

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Quelques précisions utiles. Le vignoble a produit 150 000 hectolitres en 2008 soit environ 18 millions de cols. 59 % sont des vins rouges, 32 % des blancs et 9 % des rosés issus de 3500 hectares au total. Une des particularité de l'AOC est qu'elle est composée pour moitié de Caves particulières ou Coopératives (350) et que l'autre est détenue par les vignerons eux-mêmes.

En blanc, le cépage roi, c'est le Mauzac ! Il est suivi de près par le Loin de l'Oeil ("Len de Lel" en langue d'Oc), la Muscadelle et puis ily a aussi un peu de Sauvignon et d'Ondenc.
Côté rouges, le Duras (réhabilité il y a une vingtaine d'années), le Braucol (ou Fer Servadou dans d'autres région comme Marcillac), Syrah, Gamay et dans une moindre mesure les Cabernets et Merlot.

Pas trop de maux de tête ? Passons à la dégustation, remontée directement par notre ami fouineur Benoît, le quasi régional de l'étape.


Petite précision : nous savons tous ce qu'il y a dans les verres !

René Rieux, Méthode Gaillacoise, Symphonie Doux 2007 : un 100 % Mauzac qui vous met de la pomme pleinDSC_0069 les narines avec une très légère pointe oxydative. En bouche, on croque du fruit et notamment du coing et des notes de miel et de frangipane. Le vin est dans son ensemble gourmand, mais un peu trop sucré à notre goût. Effet de jeunesse, dont quelques années de plus permettront de mieux intégrer cette forte perception sucrée. (8,5 €)
A noter que ce domaine est ESAT (Etablissement de Service et d'Aide par le Travail) : bravo !

Vigné-Lourac "les Perles" 2007, les Vignobles Gayrel Cahuzac sur Vere : ça pétille et pour cause, c'est un "Perlé" ! Le principe même est de contenir le gaz carbonique lors de la fermentation. Résultat : plein de petits arômes de pêche blanche, abricot et de sapin. La bouche est légère mais vive. Pour 4 € seulement, c'est donné, car c'est très loin d'être un mauvais vin. A ouvrir sans préavis pour se faire plaisir à l'apéro ou sur des salades de printemps. (4 €)

DSC_0065Domaine d'Escausses "le Vigne de l'oubli" 2007 : on tombe d'emblée sur des notes beurrées et de champignon frais. En bouche, l'attaque est ronde et fumée (bois de hêtre) mais exprime peu de complexité. Finale sur l'amende amère. Agréable, mais on sort là des sentiers bâtus et des vinifications habituelles (9,6 €)

Domaine du Moulin 2006, blanc sec Vieilles Vignes : la robe est d'une très beau doré. Boisé sympa, pas tapageur associé à des notes de pêches. Ce vin frappe par son gras en bouche et sa silhouette élancée. Un Sauvignon (90 %) atypique et peu reconnaissable. Bien (7 €)

Domaine Carcenac, Vin de Pays du Comté Tolosan : la robe est opaque, voir noire. Incroyable nez de prune,DSC_0059 violette, cassis, tel un bonbon acidulé ! En bouche, le vin offre les mêmes sensations qu'au nez, avec une ossature tannique lisse, mais séchante du à la structure végétale. Pas notre préféré, mais peut-on reprocher à Nicole et Joseph Carcenac de réhabiliter un cépage oublié comme le Prunelard ? 

Domaine d'Escausses "la Croix Petite" 2006 : Fer Servadou, Syrah pour autant complétées d'un peu de Cabernet Sauvignon composent cette cuvée qui affiche clairement son tempérament : la puissance. Le fruit est précis porté par une grande structure tannique imposante et des saveurs de tabac. C'est jeune, c'est trèèèèèèèès jeune, mais qu'est-ce que c'est bon ! (10 €)

Pour achever notre périple en terre gaillacoise, quelques douceurs. En général, ces dernières savent toucher et émouvoir bien des êtres humains par leur richesse.   

Domaine d'Escausses "les Vendanges Dorées" 2006 : Loin de l'Oeil majoritaire, Mauzac et Ondenc égaient cette belle cuvée du domaine d'Escausses, une fois n'est pas coutume. Les rendements sont tout petits (10 hl/ha). Registre clairement confit, sur l'abricot sec et le hêtre. La bouche est ample, confite, avec une étonnante note finale sur l'eucalyptus. La liqueur est telle, qu'elle manque peut-être d'un peu d'acidité. Un beau vin quand même. (9,80 € les 50 cl)

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Domaine Rotier "Renaissance" blanc doux 2006 : 100 % Loin de l'Oeil. Au nez c'est la grande classe, sur de complexes senteurs d'abricot, d'ananas et de petites touches boisées. La bouche riche et concentrée est dotée d'une acidité élancée. Remarquable liqueur et longue finale sur le caramel. Toujours aussi bon, toujours aussi réussi. (13 € les 50 cl)


Très jolie dégustation qui mérite presque à elle seule d'affirmer qu'on sait faire du vin à Gaillac ! Les vins sont surprenants, originaux, riches, dotés d'une personalité propre. Les rapports Q/P sont excellents...

Nous sommes chez David qui avait fait monter Gaillac en Normandie, dans sa maison. 

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Avec ça qu'est-ce qu'on mange ?

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Des raviolis maison (aux 2 viandes) sauce Mascarpone

Un confit de canard aux cèpes et pommes de terres cuites dans la graisse de canard : "la Croix Petite" du domaine d'Escausses s'est senti très à l'aise avec ce plat. Enfin des fromages bien normands et une tarte aux pommes. Miammmmmmmmm

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Posté par Maigremont à 07:30 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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