Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

09 octobre 2008

LPV Haute-Normandie/Picardie (1ère partie)

A l'origine de cette rencontre, un échange par mail avec Laurent (allias Chinbourg sur LPV). Jamais les différents cercles régionaux LPV n'avaient fait rencontre commune ! Il fallait réparer cela.
Un objectif : se connaître entre membres et pseudos qui sévissent sur ce forum francophone. Et bien évidemment, partager quelques bonnes bouteilles.

DSC_01251

Au programme donc ce cette rencontre qui s'est déroulée près d'Amiens, les "coups de coeur" personnels. 30 participants et 31 vins dégustés au cours de l'excellent repas préparé par le Relais de Sains, à Sains en Amiennois (tout proche d'Amiens). Des blancs secs (8), des rouges (19) et des sucrés (4).

Les vins sont servis à l'aveugle par paires, connus seulement de Laurent et de moi même.


Sancerre 2007 "les Amoureuses" François Crochet.
Un joli nez qui sauvignone, élégant et plutôt expressif sur un registre floral. La bouche est croquante, équilibrée avec une acidité mordante comme fil conducteur. Bien +
Sylvaner 2006 Grand Cru Zotzenberg, Emile Seltz
Très jolie robe dorée. Notes miélées et terpeniques. Bouche simple et large, offrant du gras et une minéralité assez marquée. La bouche est mure et manque de tension à mon goût. Moyen +

DSC_01491  DSC_01500

DSC_01510  DSC_01520

Vouvray 2007 sec, Domaine du Clos Naudin, Philippe Foreau
Superbe nez de fruits jaunes, un peu en retenue, mais très pur avec une pointe crayeuse. La bouche est droite, dotée d'une acidité élevée. Une acidité qui rappelle celle des Jurançons. Le genre de Chenin que j'aime beaucoup. Très bien.
Vouvray 2007 sec, "Clos du Bourg" Domaine Huet.
Un autre Vouvray sec 2007 à mettre en opposition. C'est très mur avec un peu de sucre résiduel et une finale végétale. Pour moi, ça manque de vie. Désolé, toujours pas. Moyen

Lamm 2002 Grüner Veltliner, Schloss Gobelsburg (Autrichien en magnum)
Nez de fruits exotiques avec une pointe crayeuse et légèrement pétrolé. Bouche encore exotique, avec une jolie longueur. Bien +. A noter que l'air lui a fait beaucoup de bien. En effet, en fin de journée, ce vin s'exprimait avec plus de complexité et de puissance.
Coteaux du Languedoc 2005, Domaine le Conte des Floris « Arès »
Belle robe dorée. Le nez offre un élevage appuyé (herbe, foin coupé), mais le fruit vient ensuite. La bouche, aux accents sudistes et un peu molle, donne une matière juvénile et encore une fois boisée. Moyen

DSC_01530  DSC_01540

DSC_01550  027_1_ 

Palette 2005, Château Simone
Autant le dire tout de suite, ce vin n'a pas eu la côte. Le nez est un peu fermé, complexe, avec des notes boisées. Le vin est en retenue, jeune, mais je suis certain que le temps va faire son oeuvre, car la matière est belle et délicate. Moyen
Arbois chardonnay 2005, Stéphane Tissot « la Mailloche »
Quelle opposition de style ! En décallage avec la même bouteille bue il y a 2 semaines, celle-ci est bien différente à plus d'un titre : notes de Calva. Visiblement un problème de bouteille avec des notes grillées très prononcées. Moyen

DSC_01421


En guise de premère conclusion : certains blancs pas à la fête, mais un magnifique Foreau et l'autrichien Lamm 2002 Grüner Veltliner exotique et interessant.

La suite, les rouges, c'est à suivre ici même.

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

 

Posté par Gildas vin à 07:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 septembre 2008

VdV # 18, ça pinote-ti ?

"Pinoter, pinoter". Mouais, mais ça veut dire quoi finalement ? La même chose que "Sauvignoner" pardi sauf que là, c'est avec du Pinot noir !

Quand un vin pinote, on dit qu'il s'exprime avec des arômes typiques de pinots. Ca dépend un peu du gars qui a le nez dans le verre, mais généralement, le pinot donne des arômes élégants et veloutés de cassis, framboise et avec l'élevage d'épices douces.

Alors pour ce 18 ème rencard des Vendredis du Vin, présidé par l'ami d'outre atlantique et québécois Rémy Charest (de "A chacun sa Bouteille"), il fallait prestement trouver et déguster un vin... qui pinote.

MortetCe vin, c'est un peu une heureuse surprise : lors d'une soirée où chacun pouvait apporter ce qu'il voulait, cette bouteille arrive sur la table et est dégustée à l'aveugle. Immédiatement, les arômes sont typiques du pinot noir : "ça pinote !!!" entend-on ça et là.
Le verre offre au nez de fantastiques et fines notes de crème de cassis, de violette, d'un peu de rose et de tabac à pipe. En bouche, ce qui frappe, c'est cette rondeur, cette souplesse, cette délicatesse des arômes de cassis et d'épices. La matière est mure avec un côté terrien en plus. C'est très fruit et d'une gourmandise impensable ! Même la longueur est agréable.
Ce vin un peu moderne est à  boire maintenant. Impossible à garder, impossible de ne pas retenter l'expérience si vous en possédez d'autres exemplaires !

Ce truc qui vient de nous mettre une énorme claque, c'est un simple Bourgogne 2006, "cuvée de Noble Souche" du domaine Denis Mortet, vinifié par Arnaud Mortet. Ce soir là, tout le monde l'a adoré.
Arnaud a repris le domaine début 2006, au décès de son père (un peu comme Didier Dagueneau la semaine passée, il est parti trop tôt). Nul doute qu'il poursuit l'oeuvre de perfection engagée par son papa. Bravo pour ce joli pinot.
Ca coûte 20 €, cher pour un simple Bourgogne, mais ça les vaut largement.

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Gildas vin à 07:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

24 septembre 2008

Précisions...

1Le blog de Maigremont rassemble les comptes rendus des dégustations des membres du cercle de Maigremont.

Ce qui est dégusté dans le cadre des rencontres du Cercle de Maigremont (thématiques mensuelles, salons, certaines visites chez le producteur...) est identifié en bas de chaque article par "Posté par Maigremont".

Il arrive également que certains membres appartenant au cercle de Maigremont dégustent dans d'autres occasions. A partir de ce jour, chaque fois qu'un compte rendu sera publié sur ce blog dont la dégustation a été faite en dehors des rencontres officielles de Maigremont, l'article sera signé par celui qui a participé : "Posté par..."

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 19:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

22 septembre 2008

"Omar m'a tuer" ou le retour du homard

Une séance en pleine semaine chez l'ami Pierre est toujours vouée à d'heureuses surprises. On a un peu l'impression d'être chez papa et maman : vous arrivez, vous vous mettez les pieds sous la table et vous vous laissez bercer par la cuisine (toujours juste) et par la magie des vins (souvent grands) !

Ce soir, nous sommes un petit groupes d'amateurs de vins pour un repas autour du homards en provenance directe de Granville (rapportés vivants dans le coffre, leurs pinces ne cessaient de faire des clics et des clacs d'après Pierre). A cette époque, ils sont presque aussi gras que des cochons (pour notre plus grand plaisir).
Et puis comme entrée, la pêche miraculeuse du jour ayant été généreuse, ce n'est que du bonus qui s'offre en plus en entrée : étrilles, pétoncles, palourdes (mangées crues et farcies).

Laurent, invité comme nous, a apporté 2 vins : le Château du Bloy en Montravel. La premier vin est la cuvée d'entrée de gamme. Un Montravel 2007. Le nez sauvignone fortement avec des notes minérales très perceptibles, de champignon et anisées. J'aurai préféré un peu plus de gnac, de punch. La 2ème cuvée, c'est également un Montravel, cuvée "Lilia Blanc" 2006. Son nez est certes plus fermé mais plus intéressant (complexe). Cette fois-ci, la tension escomptée est présente. Elle est plutôt sur les fruits blancs. Bon.

Pierre apporte les produits de sa pêche du jour (les étrilles, palourdes... et pieds de cheval).

p_che

pieds_de_chaval

F_vrePour accompagner cela, les vins qui suivent sont servis à l'aveugle. Le premier commence très fort : son nez est tout simplement fantastique et très ouvert. Miel d'accacia, fleurs blanches sur une minéralité omniprésente (pierre à fusil). La bouche est large, à la fois vive et tout en rondeur, magnifiquement équilibrée à l'éffigie du nez (miel encore). Et que dire de la longueur ? Superlative. C'est tout simplement génial ! C'est un Chablis 2001 Grand Cru Vaudésir de William Fèvre.

Tout retourné de ce que l'on vient de boire et de manger, quelle sera la suite ? C'estCorton_Charlemagne au tour des homards de faire leur entrée ou plutôt le plat de résistance (7 kg à 12 !).
La premier vin à l'accompagner est un Corton-Charlemagne 2002 de Dubreuil-Fontaine père & fils. Son nez est assez proche du Fèvre, au point de vue richesse, mais avec un peu moins de subtilité (beurre, chèvrefeuille, gras). La bouche est puissante, charnue, longue. Un peu en retrait après le Chablis, mais un joli vin tout de même. Il s'agirait de ne pas jouer les difficiles !

CarillonPierre vient de regarnir les assiettes de homard ! C'est une aubaine et un nouveau vin arrive. Son nez est clairement axé sur la minéralité, les fleurs blanches et l'anis étoilé. Le tout est harmonieux et diablement enivrant. La bouche est tendue, riche, rappelant la feuille sèche et minérale encore. Elle est pure, précise et tenue par une superbe acidité. C'est un Puligny-Montrachet 2002 1er cru "les Perrières" de Louis Carillon & fils. Très grand. L'assemblée entière apprécie.

homards

A peine remis du Puligny de Carillon, on se demande quel va être le niveau du vinD_Auvenay suivant ?! Il en reste effectivement un pour accompagner la toute dernière rincette de homards ! Le nez est un peu enfoui au départ, mais les arômes sont très nets et d'une incroyable précision. Malheureusement, des notes déviantes en bouche viendront confirmer les doutes de Pierre qui avait constaté une coulure à l'ouverture de cet Auxey-Duresses 2003 du domaine D'Auvenay. Hurlement primaire (grrrrrrrrrrr) !!!!!!

la_Moussi_reVint ensuite une déclinaison de toutes les grandes régions de France qui produisent des fromages de chèvre. Le vin qui l'accompagne est fait pour l'accord. C'est un Sauvignon. Le nez et la matière sont très murs, plutôt monolithique. Un vin politiquement correct, bien fait, pour plaire à tout le monde. C'est un Sancerre 2006 "la Moussière", d'Alphonse Mellot. Désolé, mais j'ai l'impression que Mellot et moi on ne peut toujours pas !

Pour achever la soirée, une tarte tatin maison (nous sommes en Normandie) qui n'a pasTirecul fait long feu. Le petit dernier qui est servi dans les verres à une magnifique robe ambrée. Le nez est exhubérant, avec une pointe de sparadrap, de botrytis et des senteurs saphranées. La table part sur Sauternes et particulièrement à la vue de la robe foncée, c'est Guiraud et Suduiraut qui sont cités. La bouche est sirupeuse et offre une grande liqueur. L'équilibre sucre/acidité est parfait, sur l'orange amère et se prolonge très longuement. Vraiment grand. C'est un Monbazillac 2001 du Château Tirecul la Gravière. Que doit être la cuvée "Madame" du même millésime ?!

Mon TOP 3
1 Puligny-Montrachet 2002 de Luis Carillon
2 Monbazillac 2001 Tirecul la Gravière
3 Chablis Gd Cru Vaudésir 2001 de William Fèvre

Merci à Pierre pour cette "open house" et cette "open cave". On reviendra ;-)

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 07:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

14 septembre 2008

Eclectique de l'été 2008 (suite et fin)

Deuxième et dernière dégustation éclectique de l'été en attendant le retour des dégustations à thème fin septembre.

Petit comité (vacances oblige), donc peu de vins dégustés. Nous sommes chez Philippe, notre docteur en C9DP (Châteauneuf du Pape) du cercle. Comme d'habitude, c'est à l'aveugle que ça se déroulle.


CoulonChampagne 1er Cru (Grande Réserve brut) Roger Coulon
Que voilà un joli nez brioché et beurré, marqué par des arômes de pinot meunier. Il semble vineux et propose des notes de pêche blanche. La bouche est acidulée, marquée par la pêche blanche encore.
Un beau Champagne vineux et équilibré, riche et gras. Un Champagne de producteur 1er cru pour seulement un peu plus de 15 €.

Sancerre 2006 Vincent GrallGrall
Robe très pâle et claire? Le nez est orienté vers les agrumes (pamplemousse) et les arômes typiques du sauvignon (buis et chèvrefeuille). La bouche offre une minéralité interessante et notament des saveurs iodées et de coquilles d'huitres.
Un Sancerre qui s'est arrondi et qui n'a plus la belle vivacité qui faisait son charme il y a encore quelques mois. C'est encore agréable quand même.

On change de couleur.
Echeverria 2006 Carmenère (Chili)
La robe est jeune, foncée. Le nez livre une trame épicée (poivre) et de fumé. C'est agréable, malgré une pointe d'acidité volatile. La bouche débute avec des arômes poivronnés, épicé encore (poivre) avec des tanins ronds. Une pointe de chaleur trahira son origine. Et pourtant, beaucoup de fruits dans ce vin.
Un vin agréable, puissant, mais qui garde de l'équilibre. Pour amateur d'exotisme.

Echeverria   GPL   Sigala1

Château Grand-Puy-Lacoste 2001, Pauillac
La robe couleur sang, plus évoluée que le chilien. D'abord, le nez est un brin animal et développe des arômes discrets de fruits rouges, de boisé. Il semble crémeux. La bouche est  construite sur une amertume poussée et peu de fruit. Un vin qui semble fermé pendant la dégustation MAIS qui s'est totalement transformé ensuite, au moment du repas. L'air ayant été prolifique, il s'est ouvert, dévoilant tour à tour sa belle vinification et son terroir. Un très beau vin, fait pour la table.

Château Sigala 1996, Monbazillac
Parfait inconnu, sauf pour Phillipe qui l'a mis sur la table, ce liquoreux est d'une superbe couleur ambre. On pourrait citer Manu (coureur de longue distance) qui au passage nous indique que "sa couleur est proche des urines d'un coureur de 100 km" ! Ca sent le vécu. Chargé ou non, là est la question !
Bref on se recentre sur notre sujet et sur le nez : il est assez vif, de fruits secs, d'orange amère, cointreau, abricot sec et un soupçon de botrytis.
Un vin accompli, possédant des arômes légers et pâtinés par l'âge. Agréable pour terminer la soirée.


Avec tout ça qu'est-ce qu'on mange ? Le dernier BBQ de l'été (eh oui, c'est déjà terminé en Normandie)

Notre prochaine rencontre entre Maigremont aura lieu fin septembre autour des vins de l'ouest de la Provence (Bandol, Baux de Provence, Coteaux d'Aix, Palette...).

Au fait, lors du grand week end du 11 novembre prochain, nous partirons à la rencontre des vignerons alsaciens. Si certains sont partants pour nous y retrouver...

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 21:30 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

02 septembre 2008

Visite de la Bodega y Viñedos Gosálbez Orti

Un jour, ma belle-soeur espagnole m'offre une bouteille de Qubél "Barrica" 2002. Il a fallu peu de temps pour lui faire honneur : c'était assez différent de ce que j'ai pu boire et rien à voir avec certains vins espagnols, n'ayant ni la chaleur, ni le boisé parfois tapageur et un peu "too much" de certains ibères : un vin très plaisant et surtout, paraissant bien structuré et respectant le fruit.

Rendez-vous est pris avec le domaine, histoire de voir comment se comporte le reste de la gamme...

La Bodega y Viñedos Gosálbez Orti est à Pozuelo del Rey (700 mètres d'altitude), située dans la communautébodega de Madrid. Nous sommes à peine à 45 km de la capitale, dans un petit village entouré d'oliviers et de vignes et bordé de... rien. On a peine à penser qu'ici, si proche de 4 millions d'habitants, on puisse faire du vin.
Les vins sont classés en "Vinos de Madrid", D.O créée en 1990. On fait du vin dans cette région depuis les romains...

Le domaine est tenu par Estrella Orti et Carlos Gosálbez. Ce domaine, c'est un peu un rêve de gosse. Isabél a occupé différents postes, tant aux affaires, qu'en politique. Elle fût même traductrice et parle d'ailleurs parfaitement la langue de Molière.
Carlos, ingénieur de son état, était autrefois pilote de ligne dans la plus grande compagnie d'aviation espagnole. Le virus du vin l'a contaminé alors qu'il avait un peu plus de 30 ans. Il dit même que c'est cette boisson qui l'a guéri de grands maux de ventre. 
Pour préparer leur retraite et se lancer un dernier grand défi, comme ils disent, ils plantent leurs premières vignes en 1992 à Campo Real. 
Jusqu'au premier millésime produit sous l'étiquette Qubél en 2000, les raisins étaient vendus à la coopérative locale.

Aujourd'hui, le vignoble compte 6,5 ha, plantés du cépage roi espagnol par excellence, le tempranillo (el tinto) complété de syrah, cabernet sauvignon et de merlot. Les rendements sont d'environ 40 hl/ha pour les cépages autres que le tempranillo, car pour ce dernier, c'est une autre histoire : là où il pousse, les sols sont pauvres. Du coup, le tempranillo n'est planté qu'à 2500 pieds à l'hectare. Pas de blancs, que des rouges.

Carlos est à la conduite du domaine, qui est en bio depuis le départ de l'aventure. Pas de chevaux, les sols sont désherbés mécaniquement. Une vendange en vert est effectuée, traditionnellement pour limiter les rendements. Les raisins atteignent aisément plus de 14° alcoolique. Ici, on a pu s'en rendre compte le jour de la visite en août, le soleil tape vraiment fort : il fait 37°c à l'ombre !

Côté vinification, les installations classiques sont flambant neuves et dans un état de propreté exemplaire. On pourrait y manger par terre !
Le raisin arrivant de la vendange en caissette de 15 kg, est protégé du soleil. Il est trié puis éraflé entièrement car avec ces chaleurs ici, des tanins il y en a à revendre !
Pour la fermentation, les levures issues de la bodega sont introduites après avoir été sélectionnées par une entreprise locale, fer de lance dans son domaine : les plus grands noms du monde entier envoient leur levures pour une sélection.

DSC_0742

Lors de la macération courte (5 jours), Carlos effectue des délestages. Pratique qu'il tient de Dominique Delteil. Le principe : la cuve contenant la macération et la fermentation, est écoulée dans un contenant puis réinjectée de suite dans une autre cuve. Là, le moût repose environ 2 heures. Puis il est réintroduit dans la cuve d'origine grâce à une pompe à haut débit (mais faible pression) sur le châpeau de marc. Le haut débit permet de noyer le marc qui ne demande pourtant qu'à flotter. Cette technique qui semble agressive pour le futur vin n'en est rien, car elle a pour objectif d'oxygéner le moût et d'apporter une extraction plus importante des composés phénoliques. Attention toutefois aux nombre de délestages effectués, qui auraient pour effet de rendre les vins astringents dans leur jeunesse, mais ce n'est pas le cas à Qubél. On le verra plus tard lors de la dégustation.

Ensuite, le vin est élevé en barrique de chêne français en majorité (provenant de divers tonneliers) et complétés par une essence de chêne américain. La chauffe est légère.
Pas de bâtonnage, mais c'est tout comme grâce à un ingénieux système qui permet de tourner les barriques durant l'élevage. Le fût est logé dans un cerclage à roulements à billes qui facilite son retournement.

DSC_0743   DSC_0747   DSC_0746

DSC_0744

La mise en bouteille intervient au terme d'un élevage de 6 à 25 mois selon les cuvées et les millésimes.
Au final, cette petite production délivre seulement 13000 bouteilles...

La partie développement et comptabilité de la bodega est tenue par la femme de Carlos, Estrella. Judicieusement, au début de l'aventure, les économies familiales sont investies en même temps dans la publicité, les inscriptions à des salons/concours, à la construction d'une magnifique Oenothèque que pour l'achat des équipements permettant la vinification. En Espagne, on peut faire à peu près ce que l'on veut en matière de publicité sur le vin (tiens, quel beau pays ;-)). Mais si Estrella est aux affaires, il n'empêche qu'elle goûte et donne son avis sur les vin de son vinificateur de mari.

Au fait, Qubél ça vient d'où et ça veut dire quoi ?  Il faut prononcer "coubel". Estrella cherchait un nom qui sonnait dans à peu près toutes les langues. En arabe, "Cubbel" signifiait autrefois "coupole". Restait à trouver une étiquette en forme de blason, et l'aventure pouvait commencer.

Après 2 heures passées avec Carlos et Estrella, nous partons enfin pour l'oenothèque qui est à 2 pas de la bodega, pour déguster quelques cuvées.

Nous sommes accueillis par Natasja, américaine de son état, responsable de l'oenothèque et qui a été gagnée par le virus de l'Espagne il y a quelques années. Du coup, elle s'est établie avec sa petite famille.

A cet endroit, les conditions de dégustations sont tout simplement TOP. D'abord parce qu'enfin, il y a un peu de fraîcheur, vraiment bienvenue par cette chaleur terrassante d'août ! Et puis il y fait clair, il y a de la place et l'endroit est coquet.

DSC_0752

Nous prenons place avec Javier, ami espagnol qui avait fait le voyage avec moi. Un petit sourire nous habite, lorsque nous tendons notre verre pour qu'on nous serve. A l'attaque !

Qubél Excepción 2004 (3500 bouteilles). Un 100 % grenache, dont les raisins sont achetés au voisin (bio) en attendant que les vignes du domaine nouvellement plantées de grenache commencent à produire.
Le nez est mur, pas compoté, avec une touche de fumée et d'épices. L'élevage est volontairement court (6 mois en fûts anciens) pour préserver le fruit. Malgré un petit creux en milieu de bouche, le vin se reprend admirablement, donnant beaucoup de gourmandise et de fruit.
Un vin plein de vie, ayant gardé une certaine fraîcheur. Beaucoup aimé.

Qubél Crianza 2002. 80 % tempranillo, 10 cabernet sauvignon, 10 syrah. Le vin est élevé 10 mois en fût, avant de reposer 10 mois en cave (principe de la crianza). Le nez propose de beaux arômes de cigare et de menthol. En bouche, énorme fruité avec des tanins encore présents. L'ensemble qui donne un joli volume, est équilibré et possède très certainement un bel avenir. 

Qubél Paciencia 2003. Considéré comme un "Reserva". 70 % tempranillo, 10 cabernet sauvignon, 10 syrah et 10 grenache élevés 16 mois. Le nez et la bouche sont très murs et les tanins un peu secs. Même ici, l'effet millésime se fait sentir. Même en Espagne, l'été 2003 fût harrassant !

DSC_0751

Qubél Nature 2005 : autrefois appelé Crianza, la bodega lui donne maintenant ce nom plus explicite. 80 % tempranillo, 10 cabernet sauvignon, 10 grenache. 14 mois d'élevage lui assurent de subtiles touches épicées. Le nez est très avenant, serré, genre confiture de fraise. On change de catégorie avec ce millésime : les tanins sont soyeux et denses à la fois. La bouche s'exprime sur un registre un peu sauvage (cuir) et aboutie. C'est diablement bon ! Très belle longueur.

Que dire de ces vins ? Sans hésiter, on constate un saut qualitatif depuis les premiers millésimes. Les tanins ont gagné en finesse, en maturité. Le fruit est toujours autant respecté et je dirai même qu'il est mis plus en valeur. C'est certainement à force d'expérience et de travail. Et pourtant le domaine n'a que 8 ans !

 

Je tenais à remercier pour leur accueil chaleureux  (à la mode espagnole) et le temps qu'ils ont bien voulu nous consacrer Natasja, Estrella Orti et Carlos Gonsálbez.
Ici, on est très loin des "super méga" productions espagnoles (Marqués de...) et pourtant, nul doute que l'aventure n'est pas prête de s'arrêter.

DSC_0749
Carlos et Estrella

Bodega y Viñedos Gosálbez Orti
C/ Real 14, Pozuelo del Rey 28813-Madrid
Tlf/Fax: +34 918 725 399
email:
bodega@qubel.com
qubel.com

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 07:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 août 2008

Eclectique de l'été 1 : saison 2008

Nous sommes de retour après quelques congés...

Cette dégustation éclectique a eu lieu fin juillet : comme à l'accoutumée, chacun pouvait apporter ce qu'il voulait, faire ses petites expériences, confirmer ou non si son goût personnel est universel...

Au programme de cette belle soirée, marquée comme toujours par une ambiance amicale et chaleureuse : des blancs, un "roZé", des rouges et une petite gourmandise pour terminer.


Premier vin et premier blanc. Belle robe brillante et dorée. Très beau nez qui semble vif grâce à un registre d'agrumes (citron vert et pamplemousse). Au début, la bouche commence assez mollement, mais se reprendra ensuite. Le corps possède pas mal de gras et de longueur. Un très beau vin, certainement de gastronomie que l'on désignera comme sudiste, mais sans autres précisions.
Ce vin est effectivement originaire du sud et appartient aux Domaines Ott. C'est un Côtes de Provence blanc 2003, Clos Mireille (Blanc de Blancs).

On continue sur les blancs avec ce vin à la couleur pâle aux reflets verdâtres, signes d'une grande jeunesse. Son nez est très expressif (fruits blancs +, notes miélées) et au second plan, des notes d'agrumes encore et muscatées. L'attaque en bouche est vive à cause d'une acidité élevée mais bien dosée. On trouve des arômes de rose, miel et de fruits blancs. La finale est assez longue et termine avec un trait végétal.
Encore un bien beau vin, original, gourmand, qui nous a fait penser à un Gewurtz. C'est bien un alsacien, mais un Riesling Nadelpfad 2007, considéré comme les vieilles vignes de Hubert Reyser. Et hopla, un vrai vin de plaisir immédiat, et qui quand il aura digéré tout son sucre résiduel, il sera encore meilleur.

Ott   Reyser   Chataigneraie_Laborier   

Belle robe dorée pour ce dernier blanc. Au nez, le bois domine encore (noisette, vanille) mais possède une jolie mâturité du fruit. La bouche offre une acidité montante (agrumes) et un gras certain. Au final, un vin qui possède un visage interessant et qui gagnera en pureté dès qu'il aura digéré son élevage. C'est un Pouilly-Fuissé 2005 "La Roche" du domaine de la Chataigneraie-Laborier.

RoZ_On passe maintenant à la demi-couleur au dessus. La robe est très belle, genre saumon mais pas d'élevage. Le nez est délicat, framboise, puis floral (géranium). L'acidité est élevée et participe à donner de la vivacité, du mordant et de la gourmandise, complèté par des arômes de pêche blanche, de fruit blanc et d'amande.
Ce rosé est toujours agréable à boire : c'est le Pas de l'Escalette qui fait ce "RoZé" 2007 (Coteaux du Languedoc). Toujours aussi bon...

Viennent ensuite 2 rouges, assez peu intéressants, mais pour faire avancer la science :
Un sud-africain 2007 (Shiraz/Cabernet-Sauvignon) mis en bouteille par Terstegeen. Un nez de selle de cheval, des tanins grossiers avec une amertume prononcée
Un Ibérique (Baturicca Tarragona 2001). Même la mention "Gran Reserva" n'a rien changé : un nez écoeurant, une bouche chaleureuse à souhait. Re-bof !

Et puis ensuite, un vin à la couleur grenat, clair. Son nez est "lardé" et offre pas mal de fruit et des notes épicées. La bouche est légère et du genre discrète. C'est un VDP d'Hauterive 2004 "le Clos".

Belle robe framboise. Le 1er nez est boisé, typé pinot noir avec une touche de menthol et de fraise : pas mal. Malheureusement, la bouche sèche un peu, avec un manque de fraîcheur certain. A croire que ce Fixin 2002 ne se remettra pas dans le droit chemin : goûté il y a 2 ans, il s'était montré sur le même registre. Et pourtant, toutes les autres cuvées de Régis Bouvier sont un exemple de gourmandise.

Le_Clos   Fixin   Tokaji

Et puis, heureusement qu'après cette série de rouges plus que décevante, une jolie gourmandise apparaît pour achever cette soirée. Couleur jaune paille, brillante. Joli nez confit de coing, poire, fumé, d'abricot sec avec une pointe de bortytis. On retrouve en bouche les arômes de l'olfaction. Elle est certe épaisse, avec pas mal de sucre, mais l'acidité tout en dentelle permet d'être ultra digeste. Joli fond de verre boisé. Un très beau vin, que toute la tablé a apprécié (n'est-ce pas mesdames). C'est un Tokaji Aszu 2003 du château Waldbott (5 puttonyos), qui après la version plus "light" le "Late Harvest" dégusté il y a peu, confirme encore une fois son statut de découverte et de vin bien fait.


Que dire ? De beaux blancs, avec un intéressant Clos Mireille et GW d'Hubert Reyser transformé en vin de copains de compétition. Des rouges à oublier mais magnifiquement rattrapés par un superbe Tokaji.

C_tes

Et pout finir, Manu avait préparé son bbq pour ces magnifiques côtes de boeuf...

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 07:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 août 2008

Fermeture pour congés

Ce blog va prendre quelque vacances, avant de vous retrouver fin août. Nous, pauvres normands, en mal de vitamine D, sommes partis chercher le soleil en Corse, Alsace, Pays Basque, Inde, Espagne...

DSC_0758

Au programme des prochains récits : les habituelles dégustations éclectiques de l'été, les visites de 2 domaines espagnols (une toute petite production et une bodega plus connu)

Bonnes vacances à toutes et à tous et soyez sage.

Au fait, 2 petites nouvautés sur ce blog : à droite, un nouvel album photo avec nos trombines et les petits nouveaux (Histoire d'en boire 2008). Vous saurez au moins à quoi on ressemble.
A gauche, les tant attendus "Tag" (merci Canalblog), c'est à dire des mots clefs permettant une meilleure navigation et recherche des thématiques abordées.

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 08:00 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 juillet 2008

Là haut sur la Montagne (et autour)

Un petit tour parmis les satellites de St Emillion, dont la mention, soit dit en passant, ne devrait plus exister prochainement...
Les 4 communes qui gravitent autour de St Emilion (Lussac, St Georges, Puisseguin et Montagne ) peuvent ajouter "St Emilion" à leur propre nom. C'est ce qu'elles font toutes d'ailleurs

L'aire des appellations représente en superficie :

  • 1440 ha pour Lussac,

  • 185 ha pour St Georges qui peut bénéficier également de l'AOC Montagne St Emilion,

  • 740 ha pour Puisseguin

  • et 1600 ha pour Montagne.

Les sols sont divers et variés (argilo-calcaire, graveleux, sablo-argileux). Les vins sont majoritairement vinifiés à partir de merlot et sont complétés par les traditionnels cabernets (franc et sauvigon) mais aussi malbec. En général, les vins peuvent être consommés de 4 jusqu'à environ 12 ans pour les meilleurs crus et millésimes.

9 vins dégustés à l'aveugle par les Maigremont et par ordre d'apparition... à l'écran.


Gd_BarailChâteau Grand-Barail 2001, Montagne St Emilion (8 €)
Belle robe rubis. Que voilà un très joli nez : le fruit y est éclatant (confiture de mûre) avec un élevage intéressant qui commence à se fondre. La bouche est jeune, un brin tannique, mais elle est mordante et bien agréable.
Avant de dévoiler l'étiquette, ce vin semblait très jeune de l'avis de beaucoup. Il a en fait presque 7 ans mais il tiendra la route encore quelques années, c'est certain.

Château Messile-Aubert 2005, Montagne St Emilion (15 €)Messile_Aubert
Ici, la robe est plus évoluée, pourpre. On sent également au nez des arômes plus évolués (rose, loukoum) avec un raisin mur (fraise écrasée, proche du compoté). La bouche est mure, tendue (belle acidité) et fait dans le genre traditionnel (disons ancienne école). C'est bien fait, le tout sur une bonne longueur.

Château Divon 2004, St Georges St Emilion
Rouge vif brillant. Ici, le nez est assez monotone et peu avenant (café, peu de fruit). La bouche est acqueuse, avec une matière faible et pas mure.

pluie

Château Croix de Mission 2001, Montagne St Emilion (10 €)
Belle couleur, carmin, du dépot. Nez enjôleur au bel élevage, encore un peu perceptible avec du fruit et une matière bien mure. Bouche avec pas mal de fruits, une longueur correcte et une finale légèrement amère. Un joli vin, correctement élevé, avec une matière agréable malgré une certaine sensation alcoleuse.

Croix_de_Mission   Pelerins_de_LR   de_Beaulieu

Les Pelerins de Lafon-Rochet 2005, St Estèphe
Tiens, que fait-il ici celui-là ? C'est le pirate du jour pardis ! La robe est bien plus soutenue et plus sombre que les autres. Le nez délivre de puissantes notes de cerises mures. En bouche, la matière s'impose (effet Cabernet Sauvignon certainement, on le saura plus tard). Elle est encore bien marquée par le bois à ce stade. A revoir dans 2/3 ans.
La rive gauche a été identifiée par un certain nombre de dégustateurs.

Château de Beaulieu 2002, Montagne St Emilion
Couleur rouge léger. Mi fruit, mi élevage, le nez n'est pas très excitant. En bouche, la matière semble diluée avec une légère sucrositée. Bof bof

Château les Bertrands 2005, Côtes de Blaye
Mazette, encore un pirate. Mais celui-ci passa comme une lettre de nos amis du courrier. 1er Nez floral, il délivre ensuite des arômes de fruits rouges (cerise) et de pivoine. L'élevage se fait alors un peu plus remarquer (café, réglisse). En bouche, la matière est bien équilibrée, sans tapage, grâce à des tanins ronds et croquants le tout sur un fruit très présent.
Après le blanc qui nous avait fait une belle sensation, ce rouge confirme ici même la bonne impression de ce domaine. Et à environ 6 € la bouteille, pourquoi se priver ?!

les_Bertrands   la_Haute_Laymore   Beaus_jour_1901   

Château la Haute-Claymore 2001, Lussac St Emilion
Le nez est typé cabernet franc pas très mur (poivron) et donne des notes hospitalière (sparadrap) qui ne le sont pas vraiment finalement. La bouche est constituée sur la même tendance (étriquée et séchante) et apporte peu de plaisir, car de l'avis de la plupart des participants, elle manque de fruits.

Château Beauséjour 2006, cuvée "1901", Montagne St Emilion.
Robe rouge sang. Le nez semble d'abord effacé, mais laisse transparaître des notes de cerise et de bois neuf. Mais en bouche, même si elle semble toute jeune, on remarque immédiatement des tanins innombrables, fins et de grande qualité. Le fruit fait ensuite son apparition supporté par une belle acidité. Le tout s'étire longuement... onctueusement.
Après un coup de coeur avec la cuvée classique de Beauséjour (si tant est que classique soit le mot juste) que dire de celui-là ? Qu'il était peut-être trop tôt pour le boire ? Peut-être qu'il s'agit d'un infanticide, mais cela nous permet de penser que la cuvée "1901" est taillée pour affronter le temps, que la vinification semble soignée, minutieuse et que l'élevage est magnifique, malgré une mise datant de quelques semaines. Un très très beau vin. Bravo Patricia et Pierre Bernault, et longue route à vous dans cette aventure.

Sans parler des " pirates, un Beauséjour qui survole les débats devant un Grand-Barail 2001 et un château Croix de Mission 2001. Finalement, peu de choses à retenir, la sélection du jour n'ayant peut-être pas rassemblé les meilleurs.

Table


Avec ça, qu'est-ce qu'on mange ? Une pizza "spéciale" super miam façon Brigitte : chèvre, pistache, raisin, ail... (recette dispo sur demande). Un filet mignon de veau en croute sauce merlot pinot noir... Une tarte au chocolat et glace vanille maison.

pizza   viande   dessert

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 23:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 juillet 2008

A l'ombre du cerisier...

"Cela fait bien longtemps que mon cerisier n'a pas reçu de bouteilles bouchonnées" lance Vincent par mail à quelques-uns (proche de Rouen), histoire de déclencher une dégustation commune chez lui !

Voilà, c'est fait pour le lieu. "Apportez donc ce que vous voulez, mais une seule bouteille, je me charge de tout le reste". Une seule ?!!! Mission impossible, quand on connait l'envie de certain de faire découvrir aux autres ce qui est dans sa cave.

Soit, c'est parti pour une éclectique. Les vins sont servis dans l'ordre ci-après, à l'aveugle histoire de lancer des débats parfois chauds, mais comme d'habitude instructifs pour tous.

Avec ces premières bouteilles, de belles crevettes marinées, du jambon fumé, du foie gras, des dés de melon...

Premier vin et première surprise pour ce blanc. Waouh, ça commence TRES fort, il est très oxydé, mais volontairement, c'est certain avec une pointe de curry. La bouche semble huileuse, oxydée encore, sur la noix ramassée il y a quelques temps et paraît sèche. C'est effectivement un Jerez Xérès Sherry (Finon muy seco) de Tio PEPE.

Peut-être une petite erreur de casting (la seule, mais Marc qui l'avait apporté était tellement impatient de commencer qu'il en a oublié qu'il y avait d'autres vins à suivre). Après ce vin, il fallait quelque chose de consistant.

Tio_Pepe   Joblot   Dauvissat_05   

Nez fin et élégant fait de fruits blancs avec une pointe vanillée. La bouche est charnue et commence assez mollement pour se reprendre grâce à la remarquable acidité qui donne une finale vive. Rétro de pêche blanche. Ce Givry blanc Vieilles Vignes 2006 "En Veau" du domaine Joblot aurait peut-être gagné à être servi un peu plus frais, mais c'est un très joli vin tout de même.

Notre vin suivant possède un nez floral avec beaucoup de pureté avec des notes anisées. On y devine pas mal de gras. La bouche est plus en retrait, peu expressive et donne toujours ces touches d'anis. C'est un Chablis 2005 de Vincent Dauvissat. Je dois dire être resté un peu sur ma fin, mais je ne me fais pas d'opinion définitive, car il s'agissait de ma première rencontre avec ce domaine. A revoir donc.

Pupillin_la_PinteAu suivant. Son nez est délicat, fumé avec pas mal de minéralité. Bouche très gourmande, offrant tour à tour des touches d'eau de vie et de curry. C'est le domaine fétiche de Vincent, la Pinte qui fait cet Arbois Pupillin 2005 "Melon à Queue rouge". Un bien beau vin. "Plante bon, cueille bon, Pinte bien"

On change de catégorie, avec cet unique rosé. Décidément, je n'y arriverais pas ! La boucheRasigu_res est trop végétale pour moi. Désolé pour ce Côtes du Roussillon 2006 "Trémoine de Rasiguères" des Vignerons de Planèzes/Rasiguères.

On passe aux rouges

Pour accompagner les vins qui suivent, 2 superbes côtes de boeuf et un plateau de fromages de plus éclectique

La robe est très évoluée. Le nez l'est également, mais c'est très beau. Ca pinote avec des arômes de framboise et de fourrure. Tout le monde s'acharne à trouver l'origine exacte en Bourgogne de ce pinot. La bouche est un peu plus simple mais donne pas mal de plaisir et de gourmandise.
C'est le recalage total pour tous. Point de Bourgogne, mais bien du pinot avec ce Sancerre apprécié par tous. C'est Henri Bourgeois qui fait cette cuvée "La Bourgeoise". Et puis l'étonnement encore au moment de dévoiler le millésime qui est un 2000 et qui semble très évolué.

Jolie expression du pinot (cassis, mure) avec des notes boisées et de café. La bouche est vive, jeune, avec un fruit qui ne donne peut-être pas tout son potentiel. Jolie longueur. Un vin agréable et qui en fin de repas sera encore plus ouvert. Il s'agit d'un Pernand-Vergelesses 2003 du domaine Laleure Piot.

Bourgeois   Pernand_Laleure_Piot   Secastilla

Autre rouge. La robe cette fois est jeune. Le nez ne se livre qu'en aérant vivement le verre. Il est fruité et mur avec une trame épicée. La bouche est puissante, tannique, avec une finale légèrement sucrée et d'une longueur correcte.
Au moins, celui-ci a beaucoup fait parler ! L'assemblée a été divisée en 2. Certains le trouvant chaleureux mais agréable, les autres le jugeant grossier et le traitant de... non on ne peut pas le dire ici ;-).
LPV 33 avait beaucoup apprécié le millésime 2004 il y a peu. C'est ici le 2003, Secastilla de la bodega Viñas del Vero de la DO Somontano.   

Robe incroyablement noire. Là, on change radicalement de registre ! Au nez, c'est du fruit noir (cerise) et du moka. La bouche est droite et révèle un caractère sudiste. Elle est équilibrée et bien agréable. Un vin simple mais bien fait que ce Côtes du Roussillon Village "Caramany" 2001, "l'Excellence du château Cuchous"  des Vignerons de Cassagnes Belesta.

Encore une couleur sombre et encore un vin bien différent du précédent. Joli nez de poivron mur enrobé d'un élevage élégant et fondu, avec en plus quelques notes de foin et de menthol. La bouche est bien structurée avec une élégance certaine, des tanins fondus. La finale sonne le rappel pendant de belles secondes. Ce Cantenac Brown 1990 se présente sous une forme aboutie, avec plein de charme et de finesse. Pour moi le plus joli rouge de la soirée.

Cuchous   Cantenac_Brown   Sauta_Roc   

La robe est encore une fois foncée. Nez typé syrah, un peu rustique. La bouche ne se livre pas beaucoup, malgré une attaque crémeuse. Finale légèrement séchante sur la prune. A revoir, car il semble se chercher un peu. Le dernier vin rouge est un VDP des Coteaux du Salagou 2006 "Sauta Roc", 100 % syrah, fait par le domaine Lacoste Germane.

Il reste toujours un peu de place pour le sucre et un crumble ananas, mangues, nectarines.

FlorideneBelle robe or. Nez très évolué, "viandé", assez peu attirant. La bouche offre d'infimes arômes de sauvignon au départ, mais dans l'ensemble, c'est assez plat et surtout, pas un gramme de sucre ! C'est un Graves du Clos Floridene 2000, qui paraît fatigué.

La robe suivante est assez claire. Le nez dévoile de fines et belles notes d'ananas, d'orange confite avec quelques touches de botrytis. La boucheFilhot_89 semble avoir affronté les années, car patinée, elle délivre de superbes arômes d'écorce d'orange et une belle amertume. Un vin équilibré, complexe et fin, qui a fait briller les yeux de plus d'un ce soir là. Superbe Sauternes 1989 du château Filhot. Certain ne lui avait pas prédit un bel avenir il y a quelques années. Joli pieds de nez.

S_SaurignyNotes oxydées, camphrées et liqueur de banane caractérisent ce vin de couleur brune. La bouche offre une sacré dose de sucre. Pour moi, c'est "too much", car il manque quand même un peu d'acidité. C'est un Vin Issu de Raisin Surmuris, "S" du domaine Saurigny vinifié avec le cépage Chenin en Loire.

Au moins, la dernière bouteille n'empestera pas le bouchon, car c'est une capsule en fer. Le nez est pomme au four, poire avec du sucrePolissonne résiduel. En bouche, il y a plein de petites bulles, pas agressives qui ont la bonne idée de remettre la bouche à plat, après toutes ces bouteilles. C'est du fruit, du fruit et encore du fruit. Jolie fraîcheur et bonne persistance. Et l'on termine cette soirée par la "Polissonne", Vin de Table de France encore une fois du domaine Saurigny. Beaucoup de plaisir.

Merci à Vincent et Anne pour leur accueil, vraiment sympatique et généreux. L'assemblée s'est quittée bien après minuit, après de franches parties de rigolades mais sans que le cerisier ne soit arrosé...

Ajouter le blog de Maigremont à vos favoris

Retour à la page d'accueil

Posté par Maigremont à 10:00 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
Page suivante »